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Vols, usage de stupéfiants, voyeurisme : "Cette période-là est un peu noire pour moi"

Wilfried V. a répondu à de nombreuses infractions commises durant sa descente aux enfers. Il est allé jusqu’à filmer les parties intimes de jeunes femmes. 
Ecrit par Prisca Bigot – le vendredi 10 mars 2023 à 11H14

Wilfried V. a l’habitude de comparaître devant la justice pour des vols. Consoles, écouteurs, bijoux, sextoys, tondeuse, ordinateur, vêtements, sacoche, lunettes… D’août 2020 à janvier 2021, Wilfried met la main sur tout ce qui a de la valeur dans des cambriolages à la Plaine des Cafres, à Saint-Louis ou encore à Cilaos. 5 faits de vols lui sont reprochés durant cette période dont deux fois chez la même personne. 

Il est confondu par hasard lors d’un contrôle des gendarmes du Tampon en septembre 2020. Les militaires voient un pied de zamal dépasser d’un logement. Lors de la perquisition, ils découvrent 591 grammes d’herbe séchée, 6 pieds et un cachet d’ecstasy. Les militaires sont en fait au domicile de l’une des compagnes de Wilfried au Tampon. Cette dernière confirme qu’il prépare les pochons de drogue chez elle. Son autre petite amie, qui habite sur la route de Cilaos, indique qu’il vend des cachets et des rouleaux de zamal à Cilaos. 

Du troc avec les marchands de légumes

Wilfried, sans domicile fixe depuis sa sortie de prison en 2018, fume, boit et prend également de l’ecstasy. Il reconnaît donc la détention mais réfute la vente. "Je fais beaucoup de troc avec les marchands de légumes", avance-t-il. Pourtant, le quadragénaire revenait rarement avec des légumes à la maison lui fait remarquer la présidente du tribunal. De nombreux objets volés sont retrouvés également au domicile de ses deux petites amies. 

"Cette période-là est un peu noire pour moi. Je faisais un peu tout et n’importe quoi", avoue-t-il. Dans son téléphone portable sont effectivement retrouvés des images ciblées sur les seins, les fesses et l’entrejambe de jeunes femmes.

Les photos ont été prises dans les bus, les gares routières ou encore à la plage. "C’était comme une pulsion", tente-t-il d’expliquer avec l’aide de son conseil. Il avait plutôt l’habitude de prendre des photos de paysage, indique-t-il. Sa descente aux enfers, Wilfried la fait coïncider avec sa dernière incarcération. " Je suis retourné chez mes parents et ça s’est mal passé". A 3 ans, il a été électrocuté, explique-t-il encore. Cet accident domestique aurait ensuite impacté tout son parcours de vie. 

"Il parle beaucoup de lui alors que l'une des victimes est là depuis 8H", relativise la procureure en milieu d'après-midi. "A un moment, il faut qu’il se rende compte et qu’il rembourse". 

Son avocate, Me Natalie Pothin, s’est attachée à contextualiser les infractions. Son client "n’est pas un grand trafiquant de drogue" et si on n'a "pas vu les légumes, on n'a pas vu l’argent non plus", soulève-t-elle. L’accusation de conduite d’un drone sans en respecter les règles doit également être replacée dans son contexte. Wilfried a "fé le ver avec un drone qu'il vient d’acheter durant un pique-nique familial". 

La défense a été entendue, Wilfrid a été relaxé pour le recel et les infractions liées à l’utilisation du drone. Il écope en revanche de 12 mois de prison aménageables et devra payer les dommages et intérêts des parties civiles.

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