Une mule venue de Lettonie interceptée avec 1 kilo de cocaïne

Si Janis L est de Lettonie, il explique qu'il est parti pour un travail "bien rémunéré" à Madrid. Il indique ensuite avoir été forcé de rester dans un appartement où ses sorties étaient contrôlées avant d'être envoyé "de force" à Paris pour effectuer un transport vers La Réunion. Il nie avoir eu connaissance du produit transporté et avoue l'avoir ingéré à Paris. Sur son téléphone, les enquêteurs trouvent des messages indiquant qu'il devait récupérer des "bonbons" à Helsinki, ainsi que des photos de billets d'avion prouvant qu'il a passé une semaine en Guyane.
"Nous n'avons que sa version car il n'est pas possible de prouver ce qu'il dit"
À la barre, le prévenu, qui est accompagné d'une interprète, refuse de s'exprimer. Le jeune homme est livide, comme terrifié par les propos traduits par l'interprète. On apprend qu'il est SDF dans son pays depuis 7 ans et qu'il serait atteint d'une maladie mentale pour laquelle il toucherait une pension. "Nous n'avons que sa version car il n'est pas possible de prouver ce qu'il dit, c'est du déclaratif", insiste la présidente. L'expertise psychiatrique effectuée n'apprend rien de plus au tribunal, si ce n'est qu'il est accessible à une sanction pénale. La procureure tente de lui soutirer des explications mais en vain. "Je n'ai jamais vu d'emballage de ce type, c'est extrêmement artisanal" indique la représentante des douanes qui réclame une amende de 148.500€, insistant sur la pureté du produit qui aurait pu être coupé de nombreuses fois.
"Si le délit de mensonge existait, j'aurais pu le plaider aujourd'hui. Ce qui est dit, c'est du n'importe quoi, rien n'est vérifiable" tance le parquet. "Il dit avoir été menacé et sous pression à Madrid, on aimerait savoir et comprendre. Je ne crois pas à son histoire, il participe à un trafic de stupéfiants. Je suis inquiète de ce trafic qui est derrière lui compte tenu de la quantité et de la pureté du produit" conclut la procureure qui requiert une peine de 4 ans de prison avec maintien en détention.
"Son comportement s'explique. C'est une personne vulnérable qui a été choisie et utilisée pour ce trafic. Il ne parle pas français ni anglais, il est en grande souffrance. Il n'est pas en mesure de s'expliquer car il a été contraint" plaide la défense qui demande une peine adaptée.
Après délibération, le tribunal prononce une peine de 5 ans de prison avec maintien en détention ainsi qu'une interdiction de séjour de 5 ans sur le département de La Réunion.


