Revenir à la rubrique : Faits divers

St-Paul : Une haine tenace entre deux kinés du centre hospitalier se termine au tribunal

L'inimitié entre les deux praticiens a poussé l'un d'entre eux à cracher sur la moto de l'autre et à la dégrader. Déjà condamné à rembourser, François L. a récidivé et a été pris en flagrant délit grâce à la caméra que l'autre avait discrètement installée sur son garde-boue.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 7 juin 2023 à 13H53

Déjà condamné à cinq mois de prison avec sursis en 2020 pour avoir dégradé la moto de son collègue kinésithérapeute, François L., est de nouveau à la barre du tribunal correctionnel ce mardi pour des faits de même nature. "Embauché à Gabriel Martin, j'ai commencé comme remplaçant. Puis, on m’a proposé un poste au service chirurgie. J’ai accepté. Depuis ce moment en 2009, ça a été l’enfer", déclare le sexagénaire.

Les deux praticiens sont en conflit et semblent ne pas pouvoir se supporter. "J’ai mis 11 ans, mais finalement j’ai crevé le pneu de sa moto. Je l’ai reconnu. Je l’ai regretté immédiatement. J'ai été jugé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité en 2020. J'ai payé deux pneus", poursuit le prévenu.

François L. a donc a percé avec une aiguille à coudre le pneu de la moto de son rival en 2020. Rival qui se trouve également présent dans le prétoire, assis juste derrière le prévenu. Les deux hommes se ressemblent. Même pantalon en toile de coton, même type de chaussures, même chemise unie les manches retroussées. "Il fait exprès de garer sa moto dans le local à vélo où je mets le mien et ça m’énerve. Je sais qu’il le fait exprès", raconte encore François L.

Se sentant persécutée, la victime a installé de façon discrète une caméra sur son garde-boue afin d'immortaliser les gestes de quiconque pourrait s’approcher de sa machine. Et en septembre 2022, on verra François "en train de cracher sur le guidon du deux-roues",  sermonne la procureure de la République. "Oui, oui, ça m’arrive", affirme le prévenu. J’ai la haine".

"On le voit s’approcher. On le voit regarder attentivement la moto. En fait, il cherchait à voir s'il y avait une caméra. Il ne l'a pas trouvée. Et qu’est-ce qu’il fait ? Il perce le pneu", détaille l’avocat de la victime, Me Alain Antoine, réclamant 5000 euros pour le préjudice subi. Le parquet demande à ce que la récidive soit relevée et propose au tribunal de prononcer la peine de 90 jours-amende à dix euros.

L’avocate du prévenu, Me Alicia Busto, fait valoir que le tribunal n’a pas poursuivi son client selon la bonne qualification. En effet, la prévention désigne "la dégradation par moyen dangereux" ce qui, selon elle, n'est pas le cas. La robe noire ajoute que la vidéo ne prouve rien. "À aucun moment, on ne voit mon client en train de percer". Pour convaincre les juges, elle précise que la victime est prise en charge de façon psychiatrique pour de la paranoïa.

Interrogé en dernier, François L. persiste au risque que ses arguments soient improductifs : "Rien ne m'interdisait de regarder cette moto". "Quelle coïncidence", relève le président de l'audience, un brin amusé. "Et l'objet fin et brillant que l'on voit dans votre main ce serait quoi?" "C'est mon alliance", répond le mis en cause sans se démonter. Il écope de 1800 euros d'amende.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :