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Jugé 2 ans après pour violences pendant le confinement : Le tribunal reste ferme

Une affaire de violences conjugales était jugée ce mercredi dans le cadre de la comparution immédiate. Si les faits datent de 2020, ils n'en sont pas moins graves.
Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 1 décembre 2022 à 11H16

Une jeune femme victime de violences conjugales dépose plainte à la gendarmerie de Saint-Louis le 28 janvier dernier à l'encontre de d'Emmanuel L., 37 ans, son ex-compagnon. Elle relate des violences sur la période du confinement en 2020 et des menaces de mort alors qu'elle est enceinte. Le couple est séparé mais a eu une petite fille.

Elle est convoquée par le parquet de Sant-Denis pour s'expliquer sur les faits qui se sont produits dans le chef-lieu du 1er mars au 20 mai 2020 et le 21 mai 2020, date à laquelle elle consulte un médecin qui lui prescrit une ITT de 1 jour. Le parquet décide de poursuivre l'ex-compagnon et de le présenter, compte tenu de son casier, en comparution immédiate. 

À la barre, le prévenu réfute les faits de violences. Il explique au tribunal qu'il a un problème avec son ex-compagne pour voir sa fille. La présidente lui rappelle à ce titre que la victime a un certificat médical et également un enregistrement de 40 minutes, fait certes à son insu, où il reconnait les violences. "C'était pour pas batailler. Si je suis là, c'est mon instinct paternel, je veux juste voir mon enfant. Ça s'est passé après, quand je fais des erreurs, je reconnais. Tout ce que j'ai dit, j'ai raison, je ne reconnais pas les faits", explique-t-il. Et d'ajouter : "Je ne veux pas aller en prison, j'ai une vie politique aujourd'hui. Je marche avec Ericka Bareigts". 

"Il n'y en a que pour lui, rien du tout pour la victime"

Avant de se réorienter, le prévenu a eu maille à partir avec la justice : un casier de 7 mentions dont une agression sexuelle sur mineur de 15 ans et des violences aggravées pour lesquelles il a été condamné à 5 ans de prison dont 1 an de sursis entre 2015 et 2019. Il sortait de détention au moment des faits. La victime, présente à l'audience, confirme les faits. La défense, pour sa part, met en avant  que le dépôt de plainte coïncide avec la décision du prévenu de passer par le juge aux affaires familiales pour voir sa fille. La victime réfute, expliquant qu'il lui a fallu du temps pour avouer ce qu'elle a vécu. "Encore un dossier de dossier de violences conjugales pendant le confinement. Elle 19 ans et lui 35, il a une emprise totale sur elle. Quand elle dit non, les coups partent. Il n'y en a que pour lui, rien du tout pour la victime" tance la partie civile qui demande une interdiction de contact. 

"Le cheminement est long et compliqué pour les victimes"

"Ce sont des violences qui font froid dans le dos", fustige la procureure. "Il y a une dénonciation tardive mais le cheminement est long et compliqué pour les victimes. Il y a de la soumission et de la peur dues à son caractère impulsif et violent. Il reconnait les violences sur l'enregistrement, ajoutant qu'il ne faut pas dramatiser. Les faits sont particulièrement graves", ajoute le parquet qui requiert 18 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire, un mandat de dépôt ainsi qu'une interdiction de contact avec la victime.

"La chronologie des faits est importante dans ce dossier", répond la défense. "Il veut s'impliquer dans la vie de son enfant et c'est là qu'elle commence à paniquer. Les violences, on a du mal à les croire dans la façon dont elle les décrit. Un jour d'ITT pour une dizaine de coups de poings dans la tête et les genoux, ce n'est pas possible. Je vous demande la relaxe de mon client", plaide la robe noire.

Le tribunal relaxe le prévenu pour violences pour la période de janvier au 20 mai 2020 mais condamne pour les violences du 21 mai au regard du certificat médical. Il est condamné à 6 mois de prison directement aménagés en détention sous surveillance à domicile sous bracelet électronique. Il a interdiction de contact et de paraitre au domicile de la victime. 

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