St-Pierre : Il casse la porte de la Maison départementale "pour faire un bisou à sa fille"

Plusieurs épisodes de violences, des rapports sexuels imposés et l’enfermement dans la maison sont malheureusement habituels pour la victime. À plusieurs reprises, il se munit d’un couteau pour la menacer de mort, ainsi que ses enfants, dont deux ne sont pas de lui. Et quand ce n’est pas la famille qui est menacée, c’est un chantage au suicide.
Elle finit par lui annoncer la fin de leur relation le 25 septembre dernier, provoquant son courroux. Le 11 octobre suivant, alors qu’elle se trouve à la maison départementale de la Ravine des Cabris, il exige de rentrer et détruit la porte vitrée. La victime va alors déposer plainte et lors de son audition, elle reçoit plusieurs messages de menace de mort.
Face aux juges, il a toujours une bonne raison pour expliquer ses gestes. La jalousie de son ex provoque les conflits. Les menaces de mort sur l’enfant de 6 ans, c’est "parce qu’il s’est jeté sur moi pour me taper" pendant qu’il frappait sa mère. Quand il se saisit d’un couteau, ce n’est que pour le diriger contre lui.
Concernant les dégradations à la maison Départementale, c’est parce qu’il "voulait juste faire un bisou à sa fille avant d’aller travailler". Et d’ailleurs, si le couple va mal, c’est de la faute d’un éducateur qui avait suggéré à sa conjointe de se séparer de lui.
Pour Me Julien K/Bidy, qui représente les victimes, le tribunal doit "prendre conscience du potentiel risque pour la victime et les enfants. S’il sort, il va s’en prendre à elle juste pour voir son enfant. Il y aura forcément à un moment un 'non' qui sera prononcé et qui entraînera de la violence". En plus d’une peine de prison, il demande 2000 euros de préjudice moral pour la victime et 500 euros pour chacun des trois enfants.
Pour le ministère public, le prévenu a "un profil inquiétant. Il dit qu’il a compris, mais a toujours des justificatifs pour expliquer ses gestes. Il y a une absence de remise en question et c’est toujours de la faute de l’autre. Dès qu’on lui met une limite, la violence s’exprime". La procureure requiert donc une peine de 30 mois de prison, dont 8 ferme. En plus d’interdiction de contact, elle demande également le retrait de l’exercice de l’autorité parentale.
Du côté de la défense, Me Guillaume Albon n’adhère pas à l’image faite de son client. "J’ai assisté à une audience où quelqu’un reconnaît les faits. À aucun moment, il ne s’est justifié en disant qu’il avait raison de faire cela. Ce qu’on dépeint dans ce dossier, c’est une relation toxique qui entraîne des évènements violents", argue-t-il.
De plus, le conseil rappelle que son client n’a aucune mention sur son casier judiciaire et se voit menacer d’une peine lourde, alors que d’autres prévenus ont droit à plusieurs chances avant d’être condamnés à de la prison ferme.
Finalement, le tribunal va le condamner à 24 mois de prison, dont 12 ferme. Il a interdiction d’entrer en contact avec les victimes et doit les indemniser à hauteur de 1500 euros pour son ex-femme et 500 euros par enfant. Il doit rembourser également le Conseil départemental pour la porte et se voit retirer l’exercice de son autorité parentale.


