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Violences conjugales : "Il faut un sevrage forcé et protéger la victime"

C'est un dossier quelque peu atypique qui était jugé dans le cadre de la comparution immédiate de ce vendredi 25 novembre. Toujours et encore des violences conjugales mais cette fois, l'homme de 30 ans s'est rendu de lui-même à la gendarmerie pour dénoncer les faits.
Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 25 novembre 2022 à 17H46

Thomas B., 30 ans, devait répondre de faits de violation de domicile, de violences conjugales sur son ex-compagne et de port d'arme. C'est de lui-même qu'il se rend à la gendarmerie pour dénoncer les faits de violences qu'il a commis le 20 novembre dernier à Sainte-Marie. Il escalade jusqu'à l'appartement de son ex-compagne et entre sans y être invité par le balcon. Il vient réclamer l'argent qu'elle lui doit et récupérer des vêtements. Elle lui propose un verre mais ça s'envenime rapidement. De peur, elle lui jette un verre sur le crâne, le blesse et tente de s'enfermer sur le balcon, en vain. Il la saisit au cou, l'étrangle jusqu'à ce qu'elle devienne violette puis la relâche. De retour dans le salon, il lui assène un violent coup de poing qui lui fait perdre connaissance. 

La scène se déroule avec deux particularités importantes : ils étaient tous deux très alcoolisés, et lui avait déposé plainte à son encontre 10 jours plus tôt pour la somme qu'elle lui doit. "Depuis 10 jours, rien ne s'est passé, j'ai pris l'initiative de faire, je l'ai totoché", explique-t-il d'entrée aux militaires alors qu'il a un couteau à la main, arguant qu'il voulait la tuer. Il est placé direct en garde à vue pour tentative de meurtre, dans un premier temps. La scène décrite est d'une extrême violence : étranglement avec une ceinture, violent coup de poing et perte de connaissance. Il a 1,2 g/l d'alcool dans le sang. Les gendarmes vont ensuite chez la victime et la trouvent dans son salon en train de danser. Il y a du sang sur les murs et le plafond, celui du prévenu suite au jet du verre.

"Je suis très inquiet pour l'avenir"

Elle est controlée à 1,68 g/l d'alcool dans le sang et a une ITT de 4 jours à la suite de l'agression. Pour autant, le parquet décide de la placer aussi en garde à vue pour la blessure de son agresseur, mais elle ne sera pas poursuivie. Chacun donne la même version mais dans une temporalité différente. Au final, l'agresseur reconnait entièrement les faits : "Je ne sais pas comment ça aurait pu se terminer. Je sais que ce que j'ai fait est mal, c'est pour ça que je me suis rendu, c'est la moindre des choses", indique-t-il à la barre. Sorti de prison en août dernier, il a 5 mentions sur son casier judiciaire. 

"Le problème de ce dossier, c'est cette scène insoutenable de violence où la victime perd connaissance. Il se rend de lui-même mais il aurait dû le faire avant d'agir car il n'est pas capable de maitriser ses consommations d'alcool et de drogue.  Je suis très inquiet pour l'avenir. Il lui faut un sevrage forcé et il faut protéger la victime", fustige le procureur de la République qui requiert une peine de 4 ans assortie d'un mandat de dépôt. "Cette affaire se déroule sur fond d'alcool. Il s'est rendu de lui-même et reconnait la gravité des faits qu'il a commis. Il est là pour assumer, il est conscient de ses défaillances", plaide la défense.

Après une longue délibération, 4 ans de prison sont prononcés à l'encontre du prévenu. Le tribunal décerne un mandat de dépôt. 

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