Saint-Pierre : "Papa a étranglé maman"

Réveillé par des hurlements au beau milieu de la nuit, un garçonnet de 9 ans s’empresse d'aller vers la chambre de sa mère, le 23 juillet dernier. Il découvre avec effroi son père à califourchon sur sa maman, lui assénant des coups de poing au visage.
"Va dormir. Je vais tuer ta maman", lui confie son géniteur.
Craignant pour la vie de sa mère, l’enfant demande courageusement de l’aide à sa voisine. Un geste salvateur qui met un terme au déchaînement de violence du Saint-Pierrois.
Appelés sur les lieux, les secours prennent en charge la victime. Au total, 8 jours d’ITT lui seront délivrés.
L’agresseur, lui, a déjà pris la poudre d’escampette. Il refera surface quelques jours plus tard, dans le Nord de l’île.
L’air détaché, les mains dans les poches, le prévenu a reconnu les faits en les minimisant, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre.
"Elle était en train de texter. Elle n’a pas voulu me montrer son téléphone. Quand on aime quelqu’un, on montre son téléphone", affirme-t-il. Et de poursuivre : "C’est elle qui a commencé. C’est une folle. Mais, c’est vrai, je lui ai mis 3 coups de poing".
"Votre fils a assisté à la scène. Il a confié aux enquêteurs : 'Papa était soûl. Papa a étranglé maman. Papa est méchant'", fait lecture la présidente d’audience.
"Il prend les intérêts de sa mère. C’est normal !", fustige le géniteur.
Condamné par le passé pour avoir violenté sa même compagne, le trentenaire avait écopé d’un mois de prison avec sursis.
Après avoir fustigé le comportement "déplorable" du mis en cause, l’avocat de la partie civile a justifié l’absence de sa cliente lors du procès par "la crainte d’être tuée". "Elle envisage de quitter La Réunion pour vivre en métropole", indique la robe noire.
À l’heure des réquisitions, le ministère public a déploré "l’absence totale de réflexion" du prévenu. "Il n’a pas saisi la gravité des faits qui lui sont reprochés", souligne-t-elle avant de requérir 18 mois de prison dont 8 assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans.
La défense, elle, a mis en exergue "l'influence de la mère sur l'enfant". "Il aurait pu être imprégné par les émotions de sa mère. Il faut donc prendre son témoignage avec précaution", plaide l'avocate.
Après réflexion, le tribunal a décidé de suivre les réquisitions du parquet. En sus, le prévenu a l’interdiction d’entrer en contact avec sa victime. Par ailleurs, il a l’obligation de suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales et des soins.


