Accident mortel à Grande Anse: Le jeune conducteur ivre et sans permis condamné

C’est les poignets menottés et sous escorte qu’est arrivé ce jeudi Sylvain à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Le jeune homme est accusé de blessures et d’homicide involontaires.
Cette nuit-là, il s’alcoolise. Fortement. Du punch mais aussi du whisky arrosent sa virée sur la plage de Grande Anse. Selon des témoins, c’est Sylvain qui aurait eu l’idée d’aller faire un tour en voiture, "sans aucun but", reconnaît-t-il devant les juges.
Trois amis montent avec lui. Sur le chemin du retour alors qu’il roule à vive allure, frein à main dans les virages, Sylvain a perdu le contrôle. La voiture heurte un muret, fait des tonneaux et expulse les deux passagers arrière qui n’ont pas leur ceinture de sécurité.
Si une jeune femme s’en sort avec des blessures représentant 30 jours d’ITT, Dylan, lui, est inconscient sur la route. Il souffre de plusieurs traumatismes.
Sylvain, après avoir repris ses esprits, a été l’un des premiers à lui porter secours en attendant les pompiers. Touché par un important traumatisme crânien, Dylan décède à l’hôpital.
"Comment vous êtes-vous trouvé à reconduire alcoolisé ?", lui demande le président du tribunal, Nicolas Ruff. De l’accident, Sylvain n’a plus aucun souvenir. Et ce n’était pas la première fois que le jeune homme, diabétique, conduisait après avoir bu de l’alcool. En 2018, il avait été condamné pour conduite en état d’ivresse en récidive. Il avait écopé de 4 mois de sursis et de deux ans de mise à l’épreuve. Son permis avait aussi été annulé.
"Il n’y a pas d’amnésie possible"
"C’est une erreur à ne plus jamais recommencer", a dit regretter Sylvain, des trémolos dans la voix.
"On ne peut pas échapper à sa mémoire. Moi personnellement je ne dors plus", accuse la mère de la victime. "Il n’y a pas d’amnésie possible. Je ne peux pas tolérer la fuite dans l’oubli".
Pour la défense des parties civiles, le bâtonnier Normane Omarjee a souligné la douleur d’une mère de perdre un fils. "L’insouciance à 18, 25 ans, une mère peut l’accepter. Mais pas l’inconscience et l’irresponsabilité".
Le prévenu "avait conscience de la dangerosité de son comportement routier, il avait conscience qu’il ne fallait pas boire", tance la vice-procureur Emilie PetitJean. D’autant que Sylvain fait partie de la génération qui a grandi avec les nombreux messages de sensibilisation, ajoute-t-elle. 6 heures après l’accident Sylvain présentait un taux de 0,92mg/l d’air expiré.
Me Jean-Maurice Nassar tente de faire valoir le suivi psychologique de son client, commencé en détention, ou la "faute collective " qui aurait incombé à tous ceux qui l'auraient laissé conduire malgré sa conduite dangereuse. En vain.
Sylvain a été condamné a 4 ans de prison dont 1 an avec sursis probatoire de 24 mois. Il a l’obligation de se soigner, de travailler et d’indemniser les victimes, soit au total plus de 65000 euros pour le préjudice affectif subi par la famille de Dylan. Le jeune homme, qui est retourné en prison à l’issue de son procès, a reçu légalement l'interdiction de conduire et de repasser son permis durant 4 ans.


