Covid et vacances: Cocktail explosif pour la rentrée

Comment se produisent ces flambées épidémiques suite aux vacances ? Les cas importés sont-ils en cause ? Les rassemblements familiaux jouent-ils un rôle ? Toutes les réponses à retrouver ici:
Les cas importés provoquent-ils la flambée de l’épidémie ?
C’est ce que dit l’agence Santé Publique France qui demande des mesures sur la gestion du flux des voyageurs qui arrivent sur l’île.
Les données montrent que le taux de cas importés est particulièrement important lors de la dernière semaine de vacances d'août (16%). Le pourcentage est ensuite plus bas alors que le nombre global de cas augmente drastiquement.
L'on remarque rapidement une hausse du nombre de cas importés sur le mois qui suit la rentrée scolaire (de 24 à 64). Des données à mettre en rapport avec la hausse globale des contaminations.
En octobre, la flambée est plus marquée et plus courte. 11% des cas sont importés lors de la dernière semaine des vacances, le taux baisse à 9% pendant deux semaines avant de s’effondrer petit à petit. On compte, comme en août, jusqu’à environ 60 cas importés en une semaine.
Sur la fin des vacances, il y a donc bien une hausse de l'importation du Coronavirus, mais la circulation locale est trop forte pour que l'arrivée par l'aéroport des cas explique à elle seule le début de la première "vraie" vague épidémique.
Les rassemblements provoquent-ils la flambée de l’épidémie ?
Au retour des grandes vacances de juillet-août, le nombre de clusters nés de retrouvailles familiales a complètement explosé.
L’on passe de 6 clusters de familles élargies (plusieurs unités de famille) lors de la dernière semaine des vacances à 18 au moment de la rentrée. Le nombre atteint jusqu’à 23 clusters familiaux actifs pendant le mois qui a suivi.
L’on remarque que les clusters lors d’événements privés ou publics a aussi rapidement pris de l’ampleur deux semaines après la rentrée. Globalement, les clusters ont augmenté de 186% entre la dernière semaine de vacances d’août et la rentrée.
Mais après les vacances d’octobre, c’est en entreprise et en milieu scolaire que les groupements de cas connaissent une plus forte augmentation. D’ailleurs, l’agence Santé Publique France précise toujours au mois de décembre que les contaminations groupées se produisent majoritairement à la pause déjeuner.
Comme le rappellent les autorités, les regroupements sont en grande partie à l'origine de l'explosion des cas à La Réunion: Les contaminations familiales ou au travail.
Comment éviter une reprise de l’épidémie ?
Les données montrent clairement que si les voyageurs se rendent à La Réunion, ils doivent impérativement s’isoler pendant quelques jours et réaliser un deuxième test afin de limiter les risques de contaminations.
Les rassemblements familiaux qui seront légion en cette fin d’année doivent se faire dans le respect des gestes barrières pour éviter que des familles entières se contaminent.
Les mesures prises par le Préfet de La Réunion visent à éviter ces regroupements dans les lieux publics, mais le plus haut représentant de l’Etat ne peut que recommander fortement aux familles de limiter le nombre de personnes à table. Pareil pour les voyageurs, les autorités ne peuvent ni contrôler si un isolement strict est bien respecté, ni rendre obligatoires les tests à J+2 ou J+4.
“La Réunion n’est pas à l’abri d’un reconfinement”
Jacques Billant a été clair, la menace n'est pas écartée pour La Réunion. Les mesures prises au plus fort de l'épidémie sur l'île ont été reconduites jusqu'à la mi-janvier et les autorités s'attendent à une aggravation de la situation sanitaire à cette période.
Le Préfet appelle à la responsabilité de chacun notamment au moment des fêtes de fin d'année, c'est pourquoi les rassemblements de 6 personnes sont toujours interdits. L'ARS a aussi fourni une liste de conseils à suivre lors des repas de famille.
Comment évolue l’épidémie pendant les vacances ?
Pour déterminer la marche à suivre pour les vacances scolaires de décembre-janvier, il faut se pencher sur les données des dernières rentrées à La Réunion.
L’épidémie a connu sa plus forte flambée au même moment où les élèves ont repris le chemin de l’école en août. On passe de 3 cas, le lundi avant la rentrée à 43 contaminations, le jour où les établissements ont ouvert leurs portes.
Août: +113% en une semaine
Même si le virus n’a jamais arrêté de circuler à La Réunion, les indicateurs étaient au vert à la mi-août avec de basculer dans le rouge écarlate.
Entre la dernière semaine de vacances et celle de la rentrée, les contaminations ont explosé : +113% ! (de 182 à 388 cas).
La hausse continue avant d’atteindre son pic un mois après la rentrée avec 594 contaminations entre le 7 et le 13 septembre. On enregistre ensuite une chute d’environ 15% chaque semaine pendant un mois.
À la rentrée d’août, tous les indicateurs ont viré au rouge pendant un mois à La Réunion:
- Le taux d’incidence est monté jusqu’à 75,8 cas pour 100.000 habitants
- Le taux de reproduction a dépassé les 2,7
- Le taux de positivité des tests a grimpé à 4,8%
- Le nombre clusters est passé de 7 à 25
- Les hospitalisations ont évolué défavorablement : de 29 à 71
- L’occupation des lits de réanimation aussi: de 7 à 18
Vacances d’octobre: flambée plus courte, mais plus grave
Le même scénario s’est joué au mois d’octobre mais avec quelques différences. La circulation du virus était déjà beaucoup plus active: La hausse a donc été moins importante et plus courte. Mais La Réunion était déjà proche du rouge et la situation aurait pu provoquer la mise en place d’un couvre-feu ou d’un reconfinement si les mesures de restrictions n’avaient pas permis de ralentir l’épidémie.
Entre la dernière semaine des vacances et celle de la rentrée, les cas sont en hausse de 21%. Le pic de cette vague est atteint la semaine suivante avec 699 contaminations. La chute arrive rapidement et la circulation se réduit très fortement au bout d’un mois, tombant même sous le seuil d’avant la rentrée.
À la rentrée d’octobre, tous les indicateurs sont à nouveau au rouge:
- Le taux d’incidence est monté jusqu’à 81 cas pour 100.000 habitants
- Le taux de reproduction connaît lui une baisse tout du long
- Le taux de positivité des tests a grimpé à 6,6%
- Le nombre clusters est passé de 68 à 95
- Les hospitalisations ont évolué défavorablement : de 48 à 60 avant de baisser rapidement
- L’occupation des lits de réanimation aussi: de 10 à 19
Recommandations et mesures
Santé Publique France a émis des recommandations dès que le pic de la 2e vague est passé au début du mois de décembre. L’agence nationale craint une recrudescence des cas de Coronavirus avec l’arrivée de voyageurs sur l’île pendant les vacances scolaires.
Le Préfet de La Réunion, lui, pointe du doigt les rassemblements familiaux et regroupements amicaux. Il insiste sur la limite de 6 personnes à table et a d’ailleurs prolongé les mesures au plus fort de l’épidémie jusqu’au 15 janvier: Pique-nique interdit, port du masque obligatoire, fêtes et danse dans les établissements recevant du public prohibés. Passer Noël et le Nouvel An sur le littoral ne pourra pas non plus se faire.
Pour rappel, la situation est toujours stable à La Réunion, même si un "frémissement" puis un "regain de l'épidémie" en toute fin d'année ont été notés par les autorités. Le nombre de contaminations recensées augmente, tout comme le nombre de tests entre ces deux dernières semaines, alors que le taux de positivité reste stable, voire baisse très légèrement.


