Revenir à la rubrique : Faits divers

5 et 4 ans requis à l'encontre du comptable du lycée hôtelier et du gourou "gramoune Moussa"

Le procès pour détournement de fonds publics au préjudice de trois établissements scolaires de Saint-Paul se déroule depuis ce mardi après-midi devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Après un après-midi d’audience, les peines requises par le ministère public viennent d’être prononcées peu après 20H15.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 13 octobre 2020 à 20H26

5 ans dont 30 mois avec sursis probatoire et obligation de rembourser les sommes dues ont été requis à l’encontre de l’ancien comptable du lycée hôtelier de la Renaissance à Saint-Paul. L’homme âgé de 50 ans et né dans le département du Rhône en 1970 devait répondre d’actes de soustraction et de détournement d’argent public. 

Le gourou qui lui avait soutiré cet argent voit quant à lui 4 ans de prison dont 2 ans de sursis probatoire et obligation de rembourser les sommes dues requis à son encontre.

Absente au procès mais représentée par Me Georges André Hoarau, Annick E. était accusée de recel dans ce dossier. Elle a en effet bénéficié de 12 virements pour la coquette somme de 39300 euros. 2 ans de prison dont une partie de sursis probatoire a été requis à son encontre. A la barre, elle soutiendra ne pas connaître la signification du sigle « DRFIP* Lycée hôtelier » inscrit sur les chèques dont elle était bénéficiaire. Rien que sur ce détail, sa mauvaise foi n’a pas dupé l’assemblée.

Dans ce dossier, le fonctionnaire d’Etat, suspendu de son poste de comptable public depuis deux ans, a détourné pas moins d'1,6 million d’euros des caisses de trois établissements dont il avait la gestion.

Le pot aux roses est révélé en 2018. Les premières vérifications des comptes s’achèvent en 2019 et permettent de débusquer cette fraude qui a arrosé beaucoup de profiteurs plus ou moins bien servis.

Découvrant l’entourloupe réalisée au préjudice de l’URSSAF, le président du conseil d’administration du Lycée Hôtelier la Renaissance de Plateau Caillou dépose une plainte fin 2018 à l’encontre de Jean-Charles D.

L’instruction du dossier permet de déceler que, pour en arriver à une telle somme, le comptable public a détourné de l’argent de façon concomitante au sein de trois établissements : le lycée hôtelier de Plateau Caillou mais aussi au préjudice des collèges des Aigrettes et de Plateau.

Le charlatan lui promet de faire revenir sa belle

Très tôt dans cette affaire, plusieurs protagonistes qui gravitent autour du comptable émergent. Pour comprendre le film des événements, évoquons la présence tout d'abord d'Annick A..

Séduit par son allure, le comptable du lycée fait tout pour la garder à ses côtés. Normal, il sort d’une rupture avec son ex. Une ex-copine qui profitera au passage de l’argent détourné pour faire payer ses « prestations » sur la fin de leur relation. Bref. Jean-Charles D. a tourné la page avec son ex et s’amourache désormais d’Annick A.

C’est le début d’une spirale infernale. En tentant coûte que coûte de la séduire alors qu’elle est une femme mariée, Jean-Charles D. franchit sans le savoir la ligne rouge. Sur les conseils d’un collègue de travail sûrement paré des meilleures intentions à son égard, il fait la rencontre d’un homme connu pour faire des miracles. Et notamment détiendrait le pouvoir de faire revenir la personne aimée. Après son attirance pour Annick A., Jean-Charles D. connaît avec "Gramoune Moussa" une sorte de deuxième coup de foudre. 

Ce dernier repère très rapidement l’immense vulnérabilité de son client et ne perd pas une seconde pour alléger son porte-monnaie, bien qu’il s’en défende à la barre du tribunal. 

De nombreux témoignages attestent de la version du comptable du lycée concernant les pratiques d’Arnold C. qui se comporte comme un charlatan. Les SMS échangés entre eux finiront d’approuver la version faisant du gourou un complice du détournement de fonds, et viennent indirectement conforter la version présentée par Jean-Charles D.

Un naufrage sentimental et des profiteurs, beaucoup de profiteurs

En conclusion de ce mauvais roman débuté avec cette femme mariée puis avec ce vrai-faux gourou aux bras longs, la comptabilité des trois établissements scolaires accusera un trou d’1,6 million d’euros. 

Le procès, qui a débuté ce mardi après-midi devant le tribunal correctionnel de Champ fleuri, a permis à l’auditoire de se faire une idée du niveau de responsabilité de chacun des protagonistes dans ce naufrage sentimental aux conséquences lourdes pour la comptabilité publique.

Au cours de l’audience, Arnold C., né en 1984, a nié formellement l’existence de son double « gramoune Moussa », dont le véritable don aura été de profiter de la crédulité d’un client et de faire disparaître de belles sommes d’argent au passage. Il concédera uniquement l’existence de rituels ayant eu lieu uniquement au moment des faits dans la chapelle familiale.

Malgré son déni, de nombreux témoignages viennent le mettre en cause. Face à l’évidence, Arnold C. a préféré maintenir sa version de vente de terrain entre le comptable et lui pour expliquer le versement de l'argent. Une version qui fait forcément plus "terre à terre" au 21ème siècle, qui plus est à la barre d’un tribunal. Selon lui, Jean Charles D. lui avait dit qu’il avait les fonds et avait donné son accord pour qu’aboutisse cette transaction de vente de terrain.

Pour les six autres bénéficiaires de la "générosité" du comptable, la procureure a demandé des peines avec sursis simple allant de 2 mois à 1 an de prison. Les plaidoiries doivent désormais suivre avant une mise en délibéré du jugement pour les prochaines semaines.

*Direction régionale des finances publiques

SUR LE SUJET :
[Sous emprise, il détourne 1,6 million d'euros pour récupérer une "michto"]urlblank:https://www.zinfos974.com/Sous-emprise-il-detourne-16-million-d-euros-pour-recuperer-une-michto_a161074.html

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :