St-Denis: Trois agresseurs, une prostituée violentée et un client racketté

Des faits peu communs se sont déroulés lundi soir à 20h. Un automobiliste circule en ville de Saint-Denis... Rentre-t-il peut-être chez lui ? Il est surpris sur sa route par une prostituée affolée qui affirme avoir été agressée et demande à ce qu’il la ramène chez elle. Il s’exécute et repart.
Quelques minutes plus tôt, un individu avait arrêté sa voiture à proximité d’une prostituée. Ils s’étaient mis d’accord sur une prestation et elle était montée dans sa voiture. Ils s’étaient donc rendus dans un parking sous-terrain où elle a l’habitude de travailler.
Mais les deux ne seront pas tranquilles longtemps. Ils sont très vite accostés par trois jeunes qui referment le grillage du parking derrière eux. L’un saisit la femme par la gorge et lui prend son sac. Elle parvient à s’enfuir. Les deux autres informent le client qu’ils ont filmé la scène et menacent de diffuser les images. Ils tentent de l’extorquer mais la victime n’est en possession que de 30 euros. Direction un gabier alors, avec le véhicule ce dernier. L’un des agresseurs l’accompagne, menaçant de le tuer ou encore de s’en prendre à sa famille. Mais bon réflexe : le conducteur se dirige vers le commissariat Malartic et à l’approche du bâtiment, grille un feu rouge afin d’attirer l’attention, ce qui fonctionne. Des policiers le suivent alors jusqu’au portail du commissariat et font sortir les deux individus. Le conducteur a donc l’occasion de raconter ce qu’il s’est passé.
Face aux autorités, les trois hommes nient les faits. Et ce jusqu’à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis ce vendredi, devant lequel ils devaient être jugés en comparution immédiate. Ils osent même affirmer qu’il s’agissait de mettre un stop à la prostitution dans ce parking et non d’un vol.
Une version peu crédible pour les magistrats. "Vous n’avez pas l’impression de me prendre pour un imbécile ? Vous n’avez pas profité lâchement d’une situation où deux personnes étaient en état de faiblesse pour diverses raisons ?" demande le président d’audience, agacé. Les prévenus finissent enfin par avouer l’intention de vol. Surtout que l’un d’entre eux n’en serait pas à son premier coup. L’autre compte déjà cinq condamnations sur son casier judiciaire.
Mais l’un des prévenus n’ayant pas d’avocat, impossible de les juger. L’affaire a donc été renvoyée au 20 novembre prochain. En attendant, deux des trois jeunes restent sous contrôle judiciaire. Le troisième, au casier chargé, est maintenu en détention provisoire.


