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Réforme des retraites : Les soignants font les morts pour dire non à la précarité

Le réforme des retraites continue de provoquer la colère dans de nombreux milieux professionnels : après les avocats, les enseignants ou encore le personnel hospitalier, ce sont les professionnels de santé libéraux qui sont mobilisés devant la préfecture ce jeudi. Ils protestent contre cette réforme qui les obligerait à cotiser presque le double pour obtenir une retraite similaire, ce qui ne serait pas sans conséquence pour les patients.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 13 février 2020 à 15H31

Ils sont kinésithérapeutes ou encore orthophonistes, et ce matin ils font "les morts" devant la préfecture. Une manière symbolique de protester contre la réforme des retraites et ses conséquences sur le système de santé, organisée par le collectif "PLS" : professions libérales sacrifiées.
 
"Nous avons une caisse de retraite autonome, nous ne coûtons rien à l’État, nous nous autofinançons depuis toujours", nous explique Elsa Leiser, orthophoniste libérale. "Nous sommes également une caisse qui est solidaire depuis toujours puisque comme nous sommes excédentaires, nous reversons une grande partie de nos cotisations à d’autres caisses qui elles sont déficitaires, notamment le système général" .
 
Dès lors, c’est l’incompréhension. Pourquoi vouloir modifier un système qui fonctionne très bien ?
 
"On nous demande encore plus de solidarité en nous alignant sur le régime des salariés et ainsi augmenter nos cotisations de 14% à 28%. Dans mon cas, ça représente 700 euros de plus par mois", ajoute Amélie Maillot, Kinésithérapeute libérale.
 
Une augmentation qui leur semble injuste puisque contrairement aux salariés, les professionnels de santé libéraux ne bénéficient pas de couverture maladie, de congés payés, ou encore de droits au chômage : "nous devons payer tout ça nous-mêmes".
 
En résumé, si la réforme est appliquée comme prévu à ces professions, les orthophonistes, kinésithérapeute, et autres infirmiers libéraux se verraient cotiser deux fois plus pour obtenir une retraite similaire.

 

Des conséquences pour les patients
 
Les cabinets de ces professionnels sont extrêmement sollicités à La Réunion. La demande est très grande alors que leur nombre reste insuffisant, indique Elsa Leiser :
 
"Chez les orthophonistes de La Réunion il y a une liste d’attente qui va d'un à deux ans, nous ne sommes pas assez nombreux et c’est criant. Si l’exercice libéral de notre profession devient plus précaire, ça voudra dire aussi des cabinets encore moins stables dans le temps, et encore moins d’installations".

Même chose chez les kinés : "On a déjà du mal à recruter, alors si on nous augmente les cotisations comment voulez-vous que les jeunes se tournent vers le libéral?" demande Amélie Maillot.
 
D’autant qu’ils peuvent difficilement augmenter leur charge de travail : "On s’occupe d’êtres humains, on ne peut pas se transformer en usine à soigner, ce n’est pas possible, ajoute-t-elle, nous avons besoin de plus de soignants. On prend soin des personnes vulnérables, de personnes porteuses de handicaps, des enfants, des personnes âgées, et ce sont aussi ces personnes-là qui sont mises en danger par cette réforme".
 
L’autre option pour ces professionnels, se déconventionner, c’est-à-dire pratiquer des dépassements d’honoraires, qui seront dès lors à la charge des patients, pénalisant les plus défavorisés.

 

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