Séquestration, humiliation et violences: Les quatre bourreaux derrière les barreaux

Le 18 septembre dernier, [une sordide affaire de séquestration suivie de violences, d'humiliation et de vol ]urlblank:https://www.zinfos974.com/Rien-a-faire-de-la-loi-rien-a-faire-de-la-geole_a144464.html?preview=1 avait été renvoyée au 2 octobre à la demande des prévenus, qui préféraient avoir du temps pour préparer leur défense. Cet après-midi, la salle d'audience du tribunal de Champ-Fleuri faisait salle comble pour accueillir les quatre comparses. Épaulés par leurs familles venues les soutenir, ils allaient, après 15 jours de détention provisoire, pouvoir s'expliquer sur le fond de l'affaire.
Les faits se déroulent le 21 mai dernier, dans la commune de Saint-Benoît, quand Philippe D, Davina F., Maëva L., Lydie M. ainsi que la victime décident de passer une journée entre "amis" chez Maëva L.
Alcool, zamal, ambiance, tout est réuni pour que la journée soit belle. Alors que la victime refuse de transporter Davina F. au Port pour récupérer un colis, la journée bascule dans l'horreur. Il est séquestré, violenté, humilié pendant 11 heures. Le tout, filmé, est envoyé via Messenger.
Ils encourent une peine de 10 ans de prison
Ils le laissent ensuite dans l'appartement et lui volent sa sacoche avec ses clés de voiture et d'appartement, et partent avec sa voiture chez lui pour le voler. Ils devaient répondre cet après-midi des faits d'arrestation, d'enlèvement, de séquestration ainsi que de vol avec violence tous les quatre. Ils encourent une peine de 10 ans de prison.
Ils finissent tous par reconnaître les faits qui leur sont reprochés, à l'exception de Philippe D. qui nie fermement avoir violenté la victime. Au final, c'est Davina F. qui a lancé les hostilités, car elle n'a pas supporté que la victime refuse de la transporter récupérer son colis. Elle reconnaît à la barre qu'il s'agissait de zamal. La victime qui avait pressenti, à juste titre, une histoire de drogue, en aura payé le prix fort.
"C'est de l'immonde lâcheté gratuite"
La procureure de la République n'y est pas allée pas quatre chemins : "C'est de l'immonde lâcheté gratuite. Il a subi des crachats et des menaces de mort. De plus, ils n'ont aucune empathie. Il y a eu cette volonté d'humilier, ce sont des violences gratuites et crapuleuses. Tout ça pour avoir refusé d'aller chercher un colis qui contenait des stupéfiants".
La procureur requiert des peines particulièrement lourdes
La procureur requiert des peines particulièrement lourdes au vu des casiers de chacune d'entre elles, alors qu'elles sont primo délinquantes. Elle demande 5 ans pour Davina F., 3 ans pour Maëva L. et Lydie M., et 5 ans pour Philippe D., déjà en prison et affichant un casier de 16 mentions. Le maintien en détention est aussi demandé pour les 4 comparses.
Pour la défense des quatre prévenus, il s'agit surtout de ramener les peines à de plus justes proportions, compte tenu de l'absence de casier pour les trois femmes. Il est également mis en avant, l'alcoolisation massive de toutes les personnes présentes ce jour-là, comme étant la principale raison de leur présence devant la cour. Les avocats plaident notamment des peines mixtes sans maintien en détention.
Si les faits sont requalifiés en "vol en réunion" pour les quatre, ils sont tous reconnus coupable de violences et séquestration ayant entraîné une ITT de 30 jours. Davina F. et Maëva L. sont condamnées à 4 ans, dont 2 ans avec sursis mise à l'épreuve. Philippe D. est condamné à 4 ans ferme. Lydie M., qui était sous contrôle judiciaire à son arrivée à l'audience, est condamnée à 3 ans dont 1 an avec sursis mise à l'épreuve sans mandat de dépôt. Les trois autres, sont placés en détention.


