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Un agent du Département mis à pied après avoir agressé plusieurs collègues

Un agent technique du conseil départemental, connu pour des faits de violence envers ses collègues, mais qui continue de faire la pluie et le beau temps dans son service. Une injustice pas si rare dans nos collectivités malheureusement...
Ecrit par Samuel Irlepenne – le jeudi 27 juin 2019 à 15H32

Plusieurs agents de l'UTR (unités territoriales routières) Ouest ont signalé depuis plusieurs mois au conseil départemental le cas de cet agent, que l'on appellera Jean*,  connu pour des faits de violences sur son lieu de travail. Ils reprochent à la collectivité départementale son "inaction", qui a fait le choix de déplacer le mis en cause à chaque altercation. Pas suffisant pour les collègues de ce dernier qui soupçonnent Jean de bénéficier d'une "couverture".

Adjoint technique du Département sur le site de Stella, Jean est entré au service de la collectivité tout d'abord à Saint-Denis, avant d'être muté à Saint-Pierre, à Saint-Leu, Saint-Paul.

Tous les services ont été alertés ces derniers mois mais le malaise perdure, l'agent étant muté sur un autre site après chaque altercation. Dans un courrier adressé le 14 novembre 2018, le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), la médecine du Travail, le directeur du services des routes, aux ressources humaines du Département et le responsable de l'antenne de Saint-Paul de la collectivité, ont été informés.

Huit mois ont passé et les nombreux agents qui ont croisé sa route déplorent le manque de "réaction" de la part du conseil départemental. Une situation qui "perdure depuis des années", alors que l'article L4121-1 du Code du Travail est très explicite:
 

"L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs."

Point 7 : "Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral..."

Point 8 : "Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures
de protection individuelle"

"Dès lors (après être entrée au conseil départemental, ndlr) et sur quatre sites différents (Saint-Pierre, Conseil Général, Saint-Leu UTR, Saint-Paul et Stella), cette personne commet des faits de violences caractérisées, vis-à-vis des ses collègues et chef, connus de vos services (…) Comment se fait-il que les Ressources Humaines ainsi que votre Direction, cautionnent et permettent la présence d’une personne violente sur ses sites ? (...) Vous noterez que pour le point 8, il aura été décidé au sein de votre organisme de privilégier l’intérêt individuel de Jean* en déplaçant ce dernier à chaque agression, plutôt que de privilégier des mesures de protection collective", dénonce un des agents.

Une procédure administrative engagée

En guise de sanction, pendant des mois et en l'absence de raison médicale, Jean doit donc rester à l’antenne de Stella. Il n’a, logiquement, pas l’autorisation d’aller sur le terrain ou d’utiliser les véhicules de service de la collectivité. Le hic, c'est que dans le même temps, et pour justifier d’un maintien de salaire complet, Jean avait quand même le droit d’assurer les astreintes et donc d’aller sur le terrain et d’utiliser un véhicule de service.

Une situation ubuesque qui paralyse le site de Stella, où "travaille" désormais Jean, puisqu'il n'y a plus de communication entre son responsable et lui en raison de leurs différends permanents. Une antenne où ses collègues "refusent de parler par peur de représailles". En effet, en plus de distribuer des pains, Jean clame à tout vent qu'il est "protégé politiquement".  Et au vu de ce qui se passe pour Jean, de nombreux collègues auraient "tendance à le croire".

Un "soutien" qui n'a semble-t-il pas empêché le conseil départemental de se pencher, enfin, sur son dossier. En effet, la collectivité départementale nous indique cette semaine qu'une "procédure administrative" a déjà été engagée contre Jean, qui a écopé également d'un avertissement "courant avril". Le Département réfléchit également à un reclassement de cet agent dans d'autres services de la collectivité. 

*nom d'emprunt

 

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