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Me Francis Szpiner : "Je trouve ces réquisitions totalement démesurées..."

Suite au réquisitoire de Patrice Cambérou et aux plaidoiries de la défense, le délibéré relatif à l'affaire Paul-Franco Técher a été fixé au 8 avril prochain. Si le procureur de la République a mis en avant la responsabilité du maire dans les faits reprochés, les avocats de la défense n'ont pas manqué de mettre en exergue plusieurs irrégularités dans le dossier avant de demander la relaxe du maire de Cilaos.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 25 février 2010 à 17H45

"Il a dérapé de façon contrôlée concernant la prise illégale d'intérêt et de façon incontrôlée dans le volet des marchés publics" : ce sont sur ces propos que le procureur Patrice Cambérou a débuté son réquisitoire à l'encontre de Paul Técher cet après-midi.

Un réquisitoire de l'accusation qui a mis en exergue la responsabilité du maire dans les faits qui lui sont reprochés et dans la signature de plusieurs documents officiels. Le calendrier précis des faits qui sont reprochés à l'élu cilaosien allait suivre.

Reconnaissant l'intérêt général des travaux réalisés autour de la RD 241, le procureur a estimé qu'il ne fallait pas "se cacher derrière la méconnaissance des procédures de marchés publics", un domaine complexe et en évolution. Malgré cela, le juriste a demandé de "retenir la prise illégale d'intérêt" contre Paul Técher avant d'en faire de même concernant le délit de favoritisme et les faux et usages de faux.

La responsabilité du gérant de la société Stpgip, Gaston Thiong-Ly, a également été soulevée : "Comment pouvait-il ignorer que les fournitures présentes sur les bons de commande de la municipalité ne correspondaient pas aux travaux réalisés ?" s'interroge le procureur.
Dernier point, les témoignages des collaborateurs du maire qui ont tous indiqué le pilotage de ces différentes opérations par Paul Técher. Résultat, un réquisitoire considéré comme "démesuré" par la défense.

Le "copié-collé" du juge d'instruction Pierre Kuentz

Si la plaidoirie relativement rapide de Me Bruno Raffi a mis en avant l'irresponsabilité du Directeur des services techniques de la commune, les interventions de la défense ont mis en avant la sévérité du réquisitoire de Patrice Cambérou : trois ans d'inéligibilité, 30.000 euros d'amende et un an de prison avec sursis.

Critique à l'égard de l'accusation, Me Jean-Jacques Morel a interrogé le jury sur l'existence "d'intérêts illicitement acquis" dans ce dossier et la présence d'un quelconque abus dans la démarche du maire. Mais l'avocat de la défense s'est surtout exprimé sur le "fractionnement des travaux" reprochés à son client avant d'intervenir sur la régie communale et de laisser la parole à son confrère, Francis Szpiner.

C'est une plaidoirie animée et très critique à l'égard de la régularité des procédures qui a été prononcée par l'avocat du barreau parisien. Preuve en est du "copié-collé" du juge d'instruction sur le document transmis par le procureur de la république et qui a valu à Pierre Kuentz et à Patrice Cambérou d'être qualifiés de "frères jumeaux", sans équilibrer les charges et les décharges dans le dossier.

Puis est intervenue une longue intervention sur la responsabilité du Directeur des services techniques de Cilaos, qualifié d'incompétent, de dissimulateur et de responsable des maux reprochés à l'élu du Sud.
L'avocat parisien a ainsi expliqué qu'il n'y avait pas eu un seul euro détourné, ni un seul euro de pot de vin et encore moins de préjudices pour quiconque. Après avoir détaillé sa lecture du délit de favoritisme et des faux et usages de faux. Des faits qui n'ont, selon l'avocat, aucune explication claire et qui restent basés sur des arguments peu fiables.

Et de finir : "Paul Técher n'avait aucun intérêt personnel à commettre ces fautes. Voulez-vous signifier au docteur Técher sa mort politique ?"

 

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