Après Fakir, David Lorion demande la mise en place du fonds de secours pour l'Outre-mer

Après BERGUITTA en ce début d’année 2018, FAKIR nous laisse un triste bilan lié aux inondations pluviales et coulées de boue.
Nous aurons le temps de polémiquer plus tard sur la prévision des phénomènes ou la prévention des risques mais la gestion de crise est plus urgente. Nous ne pouvons que nous attrister face au destin cruel des deux jeunes ensevelis sous une coulée de bouée au Maniron (Etang-Salé).
Nous partageons avec leur famille et leurs amis une terrible souffrance, celle la disparition d’êtres chers. Je voudrai aussi rendre hommage aux centaines de personnes qui, sur le terrain dans la boue et sous le déluge, ont parfois risqué leur vie pour en sauver d’autres. Les lendemains de tempête révèlent à tous, notre capacité à être solidaire et résilient face à un terrible choc et les dégâts immenses. Pourtant pour ne pas être inutiles, les catastrophes doivent toujours nous forcer à agir.
Au delà des demandes des aides publics de l’Etat, de l’Europe et des assurances, nous avons à faire à l’urgence des situations des entreprises et des particuliers, des agriculteurs et des artisans qui depuis le début de l’année subissent un retard dans les chantiers, des difficultés de trésorerie et des pertes importantes pour les producteur agricoles. Certaines productions, comme la canne, devront à la fin de la campagne évaluer encore les dégâts.
Les collectivités territoriales, notamment le Département et la Région, vont très certainement intervenir, comme pour Berguitta, auprès des victimes de Fakir. Les communes sont déjà à pied d’oeuvre dans les quartiers. Même si le gouvernement procède à la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, et c’est une nécessité, nous avons besoin immédiatement du fonds de secours pour l’outre-mer.
C’est un dispositif qu’il faut enclencher rapidement. Il est alimenté par des crédits provenant du budget de l’État et qui permet une aide financière en faveur des victimes des calamités publiques. Il peut être mobilisé pour les seuls sinistrés se trouvant dans une situation économique de grande précarité. Ce dispositif n’est donc pas une indemnisation (du type « assurance ») mais un secours destiné aux situations les plus critiques. Il permet d’acquérir des produits de première nécessité (aliments, vêtements, bâches, etc.), mais aussi aider les entreprises à caractère artisanal dont les biens non assurés ont subi d’importants dommages.
Les exploitants agricoles peuvent aussi en bénéficier pour leurs pertes de fonds et de récolte, de même que les collectivités territoriales. Ce fonds de secours a été initialement pris par la circulaire du ministre de l’intérieur n° 76-72 du 6 février 1976 pour la seule métropole et ensuite a été étendu après le passage du cyclone GAMEDE à La Réunion et IRMA aux
Antilles. L’instruction doit se faire par les préfectures et la liste des propositions d’indemnisation transmises par le préfet est ensuite examinée en comité interministériel du fonds de secours.
Je sollicite la Ministre de l’Outre-mer et le Préfet de La Réunion pour que ce fonds de secours pour l’outre-mer soit rapidement mis en oeuvre au regard de la détresse de la population et des petites entreprises en cette fin de saison cyclonique 2018.


