Le slogan des JO

Le 3 février, le co-président des JO Paris 2024 et Anne Hidalgo ont inauguré le slogan des jeux " Made for sharing " sur la Tour Eiffel. L’anglais a été utilisé pour " donner un caractère universel au projet français ".
Ce choix judicieux a été contesté par des politiques, ce qui est normal, mais aussi par l’" Académie française ", ce qui ne l’est pas.
Que signifie encore le français langue ? Tous les français hommes et femmes, sauf moi, ne s’expriment plus qu’exceptionnellement dans leur langue maternelle. Soit ils lui sont infidèles et placent à tout bout de champ un mot goyave d’Angleterre dans leurs phrases, soit ils lui donnent des baffes, l’agressent, le trucident. Et ce n’est pas une bouffée d’air froide et encore moins d’air sèche de la météo le soir à la télé, qui peut la ranimer.
J’essaie de me mettre à la page et quand l’occasion se présente, même si je ne sais pas l’écrire, je place moi aussi par exemple stand baille pour donner de l’importance à ma phrase.
Le français est si décadent que même le créole langue se fout de sa gueule. Ainsi, nous avons abandonné notre galabert au profit de corbeille d’or. Voilà un mot que le créole a découvert récemment parce que lu la appris à lire et à écrire. Mais po lu faire un mot créole avec, lu la balance un y dans la touffe zépines po oblige à lu crier eil. Ainsi nu peut écrire corbey. Par opposition, depuis que lu gain-gne lire, lu dit pu grévilaire mais gréviléa, alors que depuis toujours ses parents illettrés ne prononçaient pas le a muet (ça existe) qu’ils ne connaissaient pas.
L’Académie, qui n’a même plus besoin de qualificatif, n’a pas à exprimer son désaccord. Elle n’a qu’à enregistrer le divorce des français avec leur langue et célébrer en grande pompe le mariage avec l’anglaise avant de disparaître pour ne pas empêcher le Comité des jeux de " donner un caractère universel au projet français ". Au projet, la langue on s’en fout.
Jr BOYER


