Réduire le nombre de parlementaires : On commence à en parler…

Avec le lancement de la campagne des présidentielles, la réduction du nombre de sénateurs et de députés en France est évoquée par des candidats. Timidement certes, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Marine Le Pen, d’autres aussi sans doute, ont lancé ce point de vue : il y a beaucoup trop de parlementaires en France.
Ils ont bien raison : avec 577 députés et 350 sénateurs, notre pays plonge en effet dans le ridicule. Un ridicule qui coûte des sommes colossales au budget de ces deux collectivités. A ce que l’Assemblée Nationale et le Sénat dépensent pour cela, il faut ajouter ce que coûtent en indemnités les nombreux Maires-adjoints de nos communes et les Vice-Présidents de nos Etablissements Publics de Coopération Intercommunale et de certaines SEM. Cela revient très cher aux contribuables français que nous sommes. Ne peut-on pas faire autrement ?...
Prenons le seul cas de notre île : à quoi cela nous sert d’avoir 7 députés et 4 sénateurs, en plus d’un député européen ? A quoi cela sert-il que nos cinq EPCI comptent plusieurs dizaines de vice-présidents et trois ou quatre fois plus de membres ? A quoi, mais dans une moindre mesure, cela sert-il d’avoir dans nos communes autant de maires-adjoints et de conseillers municipaux ? La question se pose également pour le Département et pour la Région.
Disons-le : il ne s’agit surtout pas de montrer du doigt ceux qui y siègent. C’est la loi qui impose le nombre des élus dans chaque catégorie d’assemblée. C’est cette même loi qui fixe le montant des indemnités qui seront versées aux uns et aux autres. Cette loi, c’est un gouvernement qui, un jour, l’a inscrite dans la réalité de notre vie politique. Et, triste réalité, cette loi ne gêne pas ceux qui se retrouvent en postes de responsabilité lorsque la majorité change. Ils continuent comme si de rien n’était.
Pire, cette loi a eu raison du comportement proposé par certains militants qui, pour une raison morale, avaient choisi de reverser leurs indemnités à leur parti…Et c’est tout à l’honneur de Gilbert Annette d’avoir un jour supprimé la voiture de fonction aux élus de St-Denis.
Le Président qui sera élu en Mai prochain devra s’attaquer à ce problème. Nous devons lui imposer de s’y pencher et de s’y attacher.
La République ne peut pas demander aux citoyens militants associatifs de passer des heures et des heures dans le bénévolat le plus total et parfois de façon admirable pendant que certains, pour faire un travail souvent bien moins prenant et sans risques pour eux, seraient légalement indemnisés.
La promesse de changer les choses sur le plan social et économique va être le cheval de bataille de tous les candidats. C’est la règle du jeu. Un jeu dans lequel, ne l’oublions pas, annoncer des mesures ne signifie pas qu’elles seront réalisées. L’histoire est là pour nous le rappeler…
Il nous appartient de dénoncer le gaspillage gratuit et honteux de l’argent des contribuables avec les dépenses inutiles. 11 parlementaires pour notre seul département, plus de 900 pour la France : non ! Trop, c’est trop… Il faut que cesse la ridicule gabegie.
Raymond Lauret


