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La déchéance de Paulet Payet révèle le déclin de TAK

Ecrit par zinfos974 – le lundi 2 janvier 2017 à 11H01

En ce 31 décembre 2016, l'information s'est répandue comme une traînée de poudre dans le microcosme politique tamponnais : l'ancien maire Paulet Payet a démissionné du conseil municipal, imité par celle qui fut sa colistière la plus fidèle Béatrice Morel Carrère, mettant ainsi un terme prématuré à ce qui devait être "une grande ambition pour le Tampon", le principal groupe d'opposition au sein de l'assemblée délibérante de la Ville du Tampon.

Pour mémoire, en 2015, tous ses autres colistiers l'avaient trahi et avaient rejoint la majorité municipale, au mépris de la volonté de leurs électeurs. Seule Sabrina Picard avait eu le courage de démissionner plutôt que de faire comme ses colistiers en mal de reconnaissance, docteurs ès "retournements de veste" ou alimentaires notoires : Rito Morel, Marcelin Thélis, Anissa Locate, Joël Arthur et Emmanuelle Hoarau ...

La retraite politique de Paulet Payet et de Béatrice Morel Carrère aurait pu laisser penser à un acte responsable de personnes n'ayant plus la motivation de continuer le combat politique au Tampon, préférant laisser la place aux suivants de leur liste, Maud Hoarau et Henri Fontaine, pour porter le flambeau de l'opposition au sein du conseil municipal au Tampon.

Outre le fait que ces illustres inconnus ont très peu de chance de peser face à André THIEN AH KOON, il est d'ores et déjà connu qu'ils rejoindront la majorité municipale… Majorité large qui n'a pas véritablement besoin de renforts.

Mais ce n'est pas à la mairie du Tampon que l'on trouvera les véritables raisons du retrait politique de Paulet Payet. Il faut regarder vers la Communauté d'Agglomération du Sud (CASUD) où sur un total de 47 conseillers communautaires, les 16 élus de Patrick Lebreton font la pluie et le beau temps. En avril 2015, à l'occasion du budget primitif, tout un chacun a en mémoire le cinglant revers essuyé par TAK et les siens face à un front commun mené par le député-maire de Saint-Joseph et le maire de Saint-Philippe.

Ces derniers, avec leurs élus respectifs mais aussi ceux de l'opposition du Tampon (Paulet Payet, Jean-Jacques Vlody) ainsi que ceux de l'opposition de Saint-Joseph (Alin Guezello) avaient mis le maire du Tampon en minorité, le poussant à fuir lâchement devant la presse et les caméras en pleine séance du conseil communautaire.

TAK n'avait eu d'autre choix par la suite que de se rapprocher de Patrick Lebreton, qui en fin stratège en avait profité pour négocier au mieux en faveur des intérêts de la ville de Saint-Joseph.

En 2016, avec le départ ardemment souhaité par TAK du directeur général de la SODEGIS Philippe Aservadompoullé, ancien directeur de cabinet de M. Lebreton, la tension entre les deux maires est redevenue vive. Lors du conseil d'administration ayant acté le départ du directeur général de la SODEGIS, les élus du Tampon et de l'Entre-Deux (dont le président Bachil Valy) avaient été mis en minorité par l'ensemble des autres actionnaires menés par le député-maire de Saint-Joseph. TAK ne s'en est jamais remis.

Depuis quelques semaines, André THIEN AH KOON ne cesse de multiplier les appels à la paix des braves en direction du Président de Région. Il soigne les dossiers de Saint-Philippe, promet monts et merveilles à l'opposition de Saint-Joseph, afin de s'assurer leurs soutiens dans cette guerre de tranchées engagée à la CASUD.

En réalité, TAK est aux abois : avec 18 élus initiaux de la majorité municipale du Tampon siégeant à la CASUD, plus les 2 anciens colistiers de Paulet Payet qui l'ont rejoint (Rito Morel et Emmanuelle Hoarau), ainsi que les 2 élus de l'Entre-Deux, il lui manque 2 voix pour garder la majorité au sein de l'intercommunalité.

Le prochain dossier sensible est la présidence de la SODEGIS : avec son procès en appel fin janvier 2017, que sa peine d'inéligibilité soit confirmée ou qu'il soit relaxé, le maire de l'Entre-Deux risque de perdre sa fonction convoitée de président de SEM au profit du maire de Saint-Joseph qui envisage de faire d'une pierre deux coups. A savoir, garder cet outil politique et financier ayant recruté des dizaines de saint-joséphois depuis quelques années, malgré l'éviction de son ancien bras droit Philippe Aservadompoullé, et compenser la lucrative indemnité de député (5 000€ net environ) qu'il ne percevra plus à partir de juin 2017 puisqu'il a annoncé qu'il resterait maire, loi sur le non cumul des mandats oblige.

La démission de Paulet Payet et de Béatrice Morel Carrère, conseillers communautaires, prend alors tout son sinistre sens : ils seront remplacés par Marcelin Thélis et Anissa Locate, qui ont rejoint la majorité de TAK depuis un bon moment.

Avec désormais 24 élus communautaires sur 47, TAK retrouve une majorité absolue. Fragile majorité, car une seule voix pourrait tout faire basculer ; alors le maire du Tampon et président de la CASUD mène en souterrain les stratégies suivantes :

- flatter l'opposition de Saint-Joseph (3 élus) en lui promettant des vice-présidences en cas de recomposition de la majorité à la CASUD (par l'éviction de tous les vice-présidents actuels issus de la majorité municipale de Saint-Joseph), ainsi que son soutien pour la conquête de la mairie de Saint-Joseph en 2020 ;

- être généreux avec la petite commune de Saint-Philippe qui compte deux élus communautaires ;

- s'allier derrière la cuisine avec Jean-Jacques Vlody, qui a deux conseillers communautaires socialistes siègeant à la CASUD, lequel n'avait pas hésité à trahir le Progrès de Patrick Lebreton l'an dernier (ce rapprochement dans la logique du "manger cochon" derrière Huguette Bello aux régionales 2015 ne fait aucun doute pour qui observe TAK et Vlody à chaque fois qu'ils ont l'occasion de se croiser lors d'un événement).

En définitive, Paulet Payet et Béatrice Morel Carrère ne pouvaient en termes d'image rejoindre la majorité de TAK, mais ils n'ont pas hésité à donner leur accord "en missouk" à la stratégie élaborée par TAK : leur démission malhonnête, véritable viol du choix des électeurs en 2014, redonne la majorité au maire du Tampon au sein de la CASUD.

La déchéance de Paulet Payet, dont l'apparent retrait honorable cache en vérité le summum de la trahison politique à ses convictions et au mandat d'opposant que lui avait confié la population du Tampon, révèle surtout le déclin d'André THIEN AH KOON.

Habitué à débaucher chez ses opposants depuis 40 ans, cette fois c'est un TAK aux abois qui fait surface, mendiant la paix avec le Sénateur-Président de Région pour stabiliser son autorité politique au Tampon et à la CASUD.

TAK n'est plus ce qu'il était autrefois, soumis aujourd'hui au bon vouloir du député-maire de Saint-Joseph, contraint de s'allier aux élus des oppositions et aux maires de petites communes.

Face au Sénateur-Maire de Saint-Pierre, que ce soit dans les dossiers intercommunaux tels que ceux de ILEVA (syndicat mixte de traitement des déchets du sud-ouest) ou du Centre de Gestion (velléités de sortie, puis marche arrière), TAK est aujourd'hui dans le suivisme désopilant et l'obéissance disciplinée. Il a définitivement abandonné le leadership du sud à Saint-Pierre.

Le déclin de TAK signifie aussi celui du Tampon, s'enfonçant jour après jour dans le marasme alors qu'à l'inverse la capitale du Sud, Saint-Pierre, ne cesse de se développer.

Au sein même du conseil municipal du Tampon, les élus de la majorité forment des clans et multiplient les coups bas entre eux. Beaucoup s'imaginent à la place de TAK, 77 ans : Jacquet Hoareau, Laurence Mondon, Monique Benard Deslais, Sharif Issop, et bien d'autres ...

La disparition du patriarche serait le coup d'envoi d'une lutte fratricide sans merci, pire que celle qu'a connue le Tampon lors du précédent mandat.

Dans ce contexte, l'enjeu des législatives de juin 2017 est décisif au Tampon : frustrés de ne pas avoir été choisis par TAK comme candidats lors des départementales et des régionales 2015, beaucoup lorgnent sur la députation. Le choix de Laurence Mondon ou de Jacquet Hoareau comme candidat titulaire aux législatives 2017 ferait imploser prématurément la majorité municipale du Tampon.

Bien que fatigué par les voyages en avion, entre autres, TAK n'a pas d'autre choix que d'y aller, alors qu'il sait pertinemment qu'il ne pourra pas siéger régulièrement à l'Assemblée Nationale. Qu'importe, quitte à ensuite démissionner pour laisser la place à sa suppléante, TAK, 77 ans, porte sur ses frêles épaules le poids de l'unité fragile de sa majorité. Pourtant les Tamponnais ne lui pardonneraient pas d'abandonner le mandat de maire qu'ils lui ont confié en 2014 : aurait-on idée que le capitaine du "Costa Tamponia" quitte le premier le navire avant le naufrage ?

Les fins observateurs de la vie politique tamponnaise vous le diront : tous les voyants sont au vert pour une défaite surprise d'un TAK – qui n'est plus que l'ombre de celui qu'il était - aux législatives de 2017, et l'avènement d'un renouveau politique au Tampon qui portera jusqu'à 2020.

A plus brève échéance, il appartient aux maires des trois communes autres que le Tampon de changer la gouvernance de la CASUD : autour du député-maire de Saint-Joseph, les maires de l'Entre-Deux et Saint-Philippe, les oppositions du Tampon et de Saint-Joseph ont désormais la possibilité de mener un front républicain en vue de destituer le président actuel de la CASUD et ses vice-présidents issus du Tampon.

TAK n'ayant pas respecté la voix des urnes, le choix des populations des communes-membres de la CASUD, et l'équilibre politique qui en découlait en débauchant les élus communautaires de l'opposition tamponnaise, personne ne s'insurgerait si les autres faisaient de même, dans un juste retour des choses.

Votre dévoué,
Jack Chirak

 

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