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Vœux pour 2017 : Redonner à la France sa dimension planétaire

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 28 décembre 2016 à 10H38

Frappée par les attentats, minée par la stagnation économique et le chômage de masse, incapable de comprendre la gravité du changement climatique en cours -2016 est l’année la plus chaude depuis que l’on mesure les températures un peu partout sur le globe, plus chaude que 2015 qui détenait tous les records-, la France est victime d’un trouble de personnalité. Dixit la presse étrangère. Elle croit voir dans un repli identitaire les solutions à ses problèmes.

Or la France n’est pas cela. Aux yeux du monde, elle a toujours été à la pointe du progrès des idées. Si son ressort économique semble cassé, cela a souvent été le cas dans le passé. En revanche, elle a des constantes identitaires bien éloignées du repli sur soi, de l’austérité économique, d’un libéralisme à tout crin, ou d’un collectivisme dépassé. Notre défiance apparaît vis-à-vis de nos gouvernants, incapables d’incarner cette France éternelle. L’abstention aux élections n’a jamais été aussi forte. L’aura de nos futurs candidats à l’investiture suprême nous indiffère. Retrouvons l’esprit français rayonnant sur le monde.

S’il nous fallait un emblème, un exemple, le Roman de Renart pourrait nous le fournir. La malice de Renart envers Ysengrin le loup, les moqueries permanentes du goupil envers son époque, les profanations des rites et autels, c’est peut-être cela, l’esprit français :

Car la France n’est pas religieuse, elle est laïque : Michel de L’Hospital en 1560 nous a orienté ainsi. Avant les guerres de religion.

Car la France n’est pas régie par le lien du sang : François 1er, par son jus soli (droit du sol), nous l’a appris.

Car la France n’est pas le territoire qu’elle s’est attribuée dans l’Histoire, elle a aussi vocation maritime, La Réunion en est un vestige.

Car la France ne se résout pas dans un français figé, sa langue vogue, du verlan au texto : Pierre Larousse, dès 1856, nous l’a indiqué.

Car la France n’est pas en crise politique, ou elle l’a toujours été : Vauban nous l’a montré en 1707, remettant en cause l’autorité du Roi Suprême.

Notre France n’est rien de tout cela :

Notre France est cosmopolite, son peuplement est fait de vagues successives venant de tous les horizons. Elle est l’héritière de la Gaule, faite d’une diversité de peuples qui ont su s’unir.

Notre France est universaliste depuis la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789.

Notre France est révolutionnaire, l’histoire récente est une suite d’insurrections essayant de répliquer le 4 août 1789, la Nuit des « Etats Généraux ». En est issu notre tryptique républicain.

Notre France est européenne depuis Victor Hugo et ses Etats-Unis d’Europe du 21 août 1849. Le patriotisme français est extraverti, tourné vers l’autre.

Notre France est existentialiste depuis le Figaro de Beaumarchais. « Carpe Diem » aurait pu tout aussi bien être notre devise. Jouir de l’instant présent.

Notre France est philosophique : rabelaisienne, truculente, gouailleuse, « Fay ce que voudras » ; cartésienne, rationnelle, raisonnable, « Du passé faisons table rase » ; voltairienne, provocatrice, non dogmatique : « Ecrasons l’infâme ». Et finalement citoyenne.

Alors, elle est où, cette France des héritiers de Maurras ou Barrès ? Elle n’existe pas. Par ces exemples historiques, reconstruisons la France en ce qu’elle a de plus génétique, de plus intrinsèque à sa condition : l’esprit français. Celui qui illumina le monde des idées. Et ne nous trompons pas en mai prochain. Ne nous trompons pas !

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

 

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