À coeur ouvert

Dans cette salle aseptisée,
Nu, sur la table articulée,
Ils ont ouvert mon pauvre cœur.
Et là, grande fut leur stupeur,
Ils aperçurent, tout au fond,
Bien gravé,… ton nom.
Ils ont voulu te déplacer.
Ils étaient prêts à opérer.
Tu gênais trop leur perspective,
Mais, ayant le sens de l’esquive,
Tu t’accrochais à la paroi
O leur désarroi !!
Tu revendiquais ta présence,
La preuve de ton existence
Car le passé jouait pour toi,
Etant la marque de l’émoi
Qui me saisit un soir d’été
Pour l’éternité.
Te voilà sans effraction
Au cœur de mon émotion.
Ton amour n’étant pas fugace,
Tu trouveras bien vite ta place.
Tout surpris par cette évidence,
Pleins de bienveillance.
Devant tant de béatitude,
En calmant ton inquiétude,
Ils remirent mon cœur à neuf.
Et me voilà, fort comme un bœuf
Car j’ai gardé au fond de moi
L’empreinte de toi !
Max Fauvette


