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La plus mauvaise blague de Gotlib

Ecrit par zinfos974 – le lundi 5 décembre 2016 à 10H28

Marcel Gotlib, je l’ai découvert sur le coup de mes 19 printemps, grâce à mon pote Zalan qui me fit entrer direct dans l’univers merveilleux des Dingodossiers. C’était l’humour décalé, iconoclaste, sans peur et sans reproche d’un homme qui avait décidé de tirer sur tout ce qui bouge, sans respect de rien ni personne, avec un art du trait caricatural dans lequel il ne s’épargnait même pas.

Plus tard, je plongeais avec délices dans la Rubrique-à-Brac, et les planches joyeusement tordues de Fluide Glacial.

L’univers de Gotlib s’enrichit très vite de personnages récurrents dont l’audace gagnait en insolence au fil des pages.

Au rang de nos préférés, le Professeur Burp, hantant les planches « d’une rubrique qui fait ma gloire et le désespoir du monde scientifique »… La coccinelle chiante qui se fait mille fois piétiner… Isaac Newton n’en finit plus de recevoir des tombereaux de pommes sur le coco… Hamster Jovial, le scout libidineux ; et son chef, lord Baden Powell, qui ne rêve que trousser ses jeunes adeptes…

Mention spéciale pour le commissaire Bougret, à qui il prêta les traits burinés d’un autre grand disparu, Harry Baur, en hommage au grand acteur fusillé par les nazis pour cause de naissance juive… Un sensible, notre Gotlib.

Et comment oublier encore Super Dupont, autre épouvantable bonhomme qui profite qu’il sauve une pure jeune fille pour la sodomiser à la vitesse du son !

Gotlib n’hésitait devant aucune insolence, aucune provocation, aucun contre-courant. Certaines de ses magnifiques audaces ne paraitraient plus aujourd’hui où il est de bon ton de ne choquer personne. Ainsi… Quand Jean Valjean, sous les traits barbus de Victor Hugo, explique à une Cosette éperdue de reconnaissance, comment elle peut le remercier… Je n’ose vous le dire.

Marcel Gotlib, on le sait moins, était un fanatique des jeux télévisés de culture générale, « Tout le monde veut prendre sa place »… « Questions pour un champion »… Et il était aussi, mais le cachait pudiquement, le meilleur interprète du picking de Marcel Dadi, dont il avait épluché les méthodes sans relâche.

Le génial guitariste trop tôt disparu disait d’ailleurs que le dessinateur était son meilleur élève.

Avec Hergé et Franquin, Gotlib fait partie des très grands dessinateurs. Ce fut un génie, ne mâchons pas nos mots. Merci à lui de nous avoir tant déridé les zygomatiques.

Pour lui rendre hommage, bien qu’il nous fasse ainsi le coup de s’en aller sans prévenir, on va un peu se saouler la gueule… sans modération.

Jules Bénard

 

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