Où en est l'enseignement privé à La Réunion ?

L’Enseignement privé catholique scolarise près de 16.000 élèves, fait travailler environ 850 professeurs et 250 personnels dans 39 établissements à La Réunion. Il a beaucoup changé depuis 50 ans et la FEP- CFDT a profité de cet anniversaire pour faire le bilan de la situation des enseignants et de l’institution locale : "Il est satisfaisant même si toutes les questions ne sont pas réglées" a affirmé le président du syndicat, Jean-Pierre Marchau.
Il y a 50 ans, le 31 décembre 1959, la loi Debré fondait les relations entre l'État et les établissements d'enseignement privés sous contrat. Le 5 janvier 2005, la loi Censi, défendue par la CFDT, clarifiait le statut de droit public des maîtres en réaffirmant le lien qui les rattache à l’Etat.
Désormais, n'est pas enseignant dans le privé qui veut. "On ne peut enseigner dans le privé en ayant uniquement passé des concours identiques au public", explique Jean-Pierre Marchau. Il y a désormais des règles pour les affectations et les mutations. "Il arrivait que les chefs d'établissement fassent des choix arbitraires. Aujourd'hui, je le dis publiquement, le Rectorat joue son rôle et fait appliquer la loi".
Autre point qui a largement progressé : la question des retraites. "La loi Sensi a permis de créer ce qu'on appelle la retraite additionnelle. La retraite est aujourd'hui correcte puisque nous cotisons sur la surrémunération", déclare le président.
Pas de concurrence public/privé
Finalement, enseigner dans un établissement privé, sous contrat avec l'État, qu'est-ce que ça change ? Pour Jean-Pierre Marchau, cela peut-être une motivation liée à des conditions jugées de meilleures qualités : effectifs par classe plus petits, probabilité d'échapper aux élèves difficiles, débouchés plus faciles à proximité...
Le syndicat refuse toutefois de voir la moindre concurrence entre le public et le privé. "Aujourd'hui il n'est plus nécessaire de prouver l'intérêt de la présence de l'enseignement privé. D'ailleurs, s'il disparaissait, le public pourrait-il absorber les enseignants du privé ? Il ne doit pas y avoir de concurrence, chacun a sa place", souligne-t-il.


