Revenir à la rubrique : Océan Indien

Mayotte : La situation est critique, des malades peut-être rapatriés à la Réunion

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 15 avril 2016 à 15H58

Les journaux locaux n'accordent qu'une très faible place aux événements qui secouent actuellement Mayotte. A titre d'exemple, il faut aller jusqu'à la page 47 du Quotidien d'aujourd'hui, après le Sport, pour trouver un petit article annonçant que "le préfet ordonne la levée des barrages".

Ce qui se passe dans l'ile hippocampe est pourtant d'une exceptionnelle gravité.

Une grève générale a été lancée par une intersyndicale (FSU, FO, CGT, Solidaires, SNUipp, CFDT, SAEM) le 30 mars dernier pour réclamer "l'égalité réelle", c'est-à-dire l'alignement de Mayotte, devenue 101e département français en 2011, sur la métropole, en matière de Code du travail, de prestations sociales, de salaires ou de services publics.

Depuis trois semaines donc, des syndicalistes paralysent complètement les deux iles au moyen de barrages routiers. Parallèlement, des barrages sauvages, montés par des jeunes désoeuvrés, alcoolisés et extrêmement menaçants, viennent compléter le blocage.

Résultat : tous les jours, de nombreuses voitures se font caillasser et les manifestants interdisent aux véhicules de passer. Même des ambulances ou des taxis transportant des malades ont reçu des galets et ont dû rebrousser chemin.

La plupart des entreprises ont dû fermer leurs portes et l'économie de l'ile est au point mort.

La situation est particulièrement critique pour les deux centres de dialyse Maydia, basés l'un dans le Nord à Mamoudzou et l'autre dans le Sud, et qui sont les seuls établissements permettant le traitement de l'insuffisance rénale chronique à Mayotte.

Du personnel médical qui préfère dormir dans la clinique

Ces centres traitent environ 150 dialysés grâce à une trentaine de personnels soignants. Ces malades doivent subir des traitements souvent quotidiens et nombre d'entre eux n'ont pu accéder à l'hôpital car les ambulances ou taxis les transportant ont dû rebrousser chemin devant les menaces, voire même les coups de galets.

Les centres ne sont plus ravitaillés en nourriture et en gazole, ce qui risque de poser de graves problèmes à très court terme.

Mais surtout, le personnel est à bout. Obligés de dormir sur place pour la plupart, ils sont au bout du rouleau. Le pharmacien de la structure est par exemple en réanimation après avoir vu sa voiture caillassée à un barrage. Et les rares personnels soignants qui persistent à rentrer chez eux une fois leur service effectué, le font au péril de leur vie, en partant à 4h du matin de leur domicile pour une prise de service à 7 heures.

La situation est tellement grave que Jeanne Loyher, la directrice de l'établissement, envisage de rapatrier à la Réunion une trentaine de patients, ceux du centre de Mramadoudou dans le Sud de l'ile, dont la situation est la plus difficile. Des contacts devaient être pris dans l'après-midi avec Air Austral pour envisager les conditions d'un tel rapatriement.

Pendant ce temps se tient à Paris depuis ce matin une réunion entre élus locaux et syndicalistes d'un côté, et la ministre de l'Outre Mer de l'autre. La réunion de la dernière chance, selon de nombreux observateurs...
 

 

Mayotte : La situation est critique, des malades peut-être rapatriés à la Réunion

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :