Mayotte: La grogne monte contre la fiscalité foncière

Près de 20.000 signatures ont déjà été récoltées par le "Collectif sur la fiscalité et le foncier à Mayotte". Ce collectif créé fin 2015 dénonce "une hausse exorbitante des taxes d’habitation", instaurée depuis la départementalisation le 31 mars 2011.
Samedi dernier, plus d’une centaine de personnes ont répondu à l'appel du collectif. Elles ont défilé dans les rues de Mamoudzou de la place Mariage au centre des finances publiques au cours d'une marche qui se voulait "citoyenne et apolitique".
Les manifestants entendaient protester contre la hausse des taxes d’habitation, source d’"inégalité et d’injustice", fait valoir le collectif.
Chihaboudine Ben Youssouf, conseiller départemental et membre du collectif, estime que "les impôts ne frappent que les parcelles titrées alors qu'à Mayotte, plus de 58% des propriétaires ne possèdent que le bâti d'après l'Insee".
Une fiscalité dérogatoire pendant 30 ans
Mercredi 9 mars dans une conférence de presse annonçant la tenue de la marche, le conseiller départemental avait rappelé que la Cour des Comptes avait jugé en janvier dernier que "la conduite de la départementalisation a été défaillante", notamment en matière de régularisation des occupations sans titre, ce qui rend impossible l'identification des redevables de la taxe d’habitation.
Le collectif créé en octobre dernier souhaite donc qu’une fiscalité dérogatoire soit mise en place pendant 30 ans, “le temps pour que l’État et les collectivités mettent en place un véritable cadastre qui n’existe pas et ainsi d’examiner ce qu’il y a lieu de faire pour que les uns et les autres vivent bien dans ce pays”, a ajouté Chihaboudine Ben Youssouf.


