Didier Robert: "La coopération c'est compliqué, mais c'est une voie essentielle"

Avec une enveloppe européenne de 63 millions d'euros prévue pour soutenir la coopération régionale sur la période 2014-2020 (le crédit était de 35 millions d'euros sur 2007-2013), plus environ 15 millions de budget régional alloué à ce volet, la Région Réunion détient 80 millions d'euros pour renforcer et développer la coopération régionale sur les années à venir.
"C'est beaucoup, et peu à la fois", résume le président de Région, Didier Robert, "il faut faire des choix. Nous menons une politique ambitieuse, et ma responsabilité en tant que patron de cette collectivité est d'envisager toutes les pistes possibles, sans rien laisser au hasard. (...) La coopération c'est compliqué, mais c'est une voie essentielle", poursuit-il.
Didier Robert entend renforcer la coopération régionale sous l'angle économique. Rien que sur le mois de juin, il cite la facilitation des échanges avec la réouverture de la ligne directe d'Air Austral, Réunion-Seychelles, ou encore la foire internationale de Madagascar où déjà une quarantaine d'entreprises réunionnaises y travaillent de façon régulière.
Partant du constat ancien que la Réunion est toujours très dépendante de la métropole, que le taux de chômage reste élevé à l'aube du million d'habitants, Didier Robert veut relever les défis économiques à travers "l'expansion et l'ouverture" de la Réunion. Il y croit d'autant plus fort que "si en métropole, il parait peu vraisemblable de retrouver une croissance aussi élevé qu'il y a quelques années, à l'inverse, à côté de chez nous, il y a l'Afrique, l'Inde, la Chine dont les taux de croissance vont probablement exploser", argumente le président de la pyramide inversée.
Didier Robert a la volonté d'être "plus offensif" et de poursuivre les efforts effectués les 4 dernières années. "En 2013, 23.300 touristes sont venus à la Réunion dans le cadre des combinés entre les îles. Sans le dispositif des Iles Vanille, nous n'aurions pas eu les chiffres touristiques que nous avons obtenus l'an dernier. Ceci est la traduction concrète de la réussite du produit", commente-t-il fièrement.
Autre indicateur, l'augmentation sensible des entreprises réunionnaises travaillant à l'export: De 550, elles sont passées à 870 en 3 ans. "Le volume global d'exportation, 300 millions d'euros, équivaut à tout ce que le tourisme peut nous apporter (314 millions d'euros). Et c'est peu, l'enjeu en terme d'activité économique et d'emploi est colossal", rapporte encore Didier Robert.
On l'a compris, la coopération régionale est l'un des fers de lance de la politique régionale. "J'ai en perspective de trouver les mécanismes d'intégration, et de faire que la Réunion, avec ses atouts incontestables, ne reste pas isolée". Et une fois n'est pas coutume, en l'absence de contrainte financière, la collectivité n'a plus qu'à faire ses preuves…


