6ème circonscription : Engagement "total" pour Alek Laï-Kane-Cheong

Ericka Bareigts, cheffe de file de la Plateforme réunionnaise, a insisté sur l'importance d'une union "qui respecte les identités politiques de chacun", mettant en avant "la transparence et le respect mutuel" comme clés de cette alliance. "Quand on additionne beaucoup d'idées, quand on additionne beaucoup d'intelligence, cela donne une offre peut-être plus valable pour La Réunion que si on soustrait", déclare la première secrétaire fédérale du PS. La maire de Saint-Denis a également mis en avant "la détermination" et "le volontarisme" du duo Laï-Kane-Cheong/Chane-Tune pour remplir le rôle de député. "Ils font les choses par conviction. Personne n'achète personne, il n'y a rien à vendre ici", tient-elle à préciser.
Maurice Gironcel a également apporté son soutien. "Nous avons une responsabilité historique de lutter contre les idées de l'extrême-droite et de construire un projet réunionnais fait par et pour les Réunionnais. Aujourd'hui, nous unissons nos forces et nous voyons ensemble ce qui nous rassemble plutôt ce qui nous divise", clame le secrétaire général du PCR.
Lors de ce point presse qui s'est tenu au radier de Marencourt, Alek Laï-Kane-Cheong et Florence Chane-Tune ont insisté sur la lassitude des électeurs face à la fragmentation politique, tout en soulignant que la co-construction avec des partenaires de différents horizons politiques "n'était pas nouvelle" pour eux.
Néanmoins, le soutien obtenu par le binôme Laï-Kane-Cheong/Chane-Tune a été très critiqué par d'anciens membres de Croire et Oser, comme Olivier Dugain. Lors d'un point presse donné ce mercredi, ce dernier - qui a entre-temps appelé à voter pour le député sortant Frédéric Maillot - qualifiait de "supercherie politique" le ralliement de la Plateforme réunionnaise à la candidature d'Alek Laï-Kane-Cheong, mettant en avant le non-alignement originel de Croire et Oser, et ce même si d'autres cadres du parti avaient par le passé rejoint d'autres mouvances politiques.
Garder le silence sur "les coups de canif"
Interrogé sur ces critiques, le duo ne souhaite pas faire de commentaires, estimant que les propos de leur ancien camarade "n'appartiennent qu'à lui". "Je ne vois pas quelle est la proposition concrète qu'il y a derrière ce type de comportement. Nous, pour l'avoir vécu, on sait. Cette histoire, elle nous appartient", lance simplement Florence Chane-Tune. Elle insiste sur le besoin de dépasser les querelles internes "pour construire ensemble", soulignant que les électeurs "en avaient assez" des partis qui se battent entre eux.
Un avis partagé par Alek Laï-Kane-Cheong, qui préfère garder le silence sur "les coups de canif qu'on a pu recevoir" de la part d'anciens membres de Croire et Oser. "Ça amuse certains de se raccrocher à un torchon qui n'a jamais brûlé et je ne fais même pas étalage des difficultés statutaires qui n'ont jamais été respectées pour ces gens-là. On parle de "militants", moi je peux sortir des listings où il n'y a pas de carte d'adhérent donc en fait, je ne sais pas de qui on parle".
Un changement de "méthode" mais de pas de "conviction"
Il ajoute que si la conviction "n'a pas changé", la méthode pour le faire, en revanche, "oui". "Les postures d'opposition ont peut-être nourri les contradictions qui apportent les solutions. Ce n'est que le débat démocratique qui permet cela. Si en étant opposants, cela nous a permis de mettre le doigt sur des sujets sensibles, ça nous assure que demain, on aura un interlocuteur engagé pour dire "Maurice et Ericka, je ne suis pas d'accord avec ça et il faut trouver une solution", argue-t-il.
Rappelant que les responsables politiques engagés à ses côtés "ne l'étaient pas en 2022", Alek Laï-Kane-Cheong et Florence Chane-Tune se félicitent de voir que leurs propositions ont aujourd'hui "convaincu". "Ericka et Maurice ont parlé de sagesse (...) On peut construire sur du lien intergénérationnel et je pense que c'est une belle marque de confiance qu'on adresse à la population", assure le leader du Croire et Oser.
Alek Laï-Kane-Cheong a insisté sur l'importance d'un engagement "total" dans le mandat de député. "Cela ne sert à rien d'avoir été vice-président de la Région pour sauter sur le mandat de député, quand la délégation de l'économie sociale et solidaire (ESS) n'a pas déjà été occupée comme il le fallait. Moi, j'ai fait quatre ans en tant qu'élu local. Nous sommes désormais capables de discuter avec les partenaires que nous avons vu à table et nous voulons être dans ce dialogue institutionnel à l'Assemblée pour porter une voix de l'insularité et surtout forte".
Et en cas de victoire le 7 juillet prochain, il préfère attendre la future recomposition de l'Assemblée nationale pour se prononcer sur l'adhésion à un groupe parlementaire. "Je sais que Florence et moi on se battra avec hargne contre ce populisme ambiant. On ne siègera pas avec ces gens-là (...) Je pense que c'est uniquement dans des postures modérées qu'on peut peut-être avoir le luxe de la réflexion", confie-t-il.


