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Vote du 8 septembre : Wauquiez tend la main au PS et au RN, Retailleau dit non

Ecrit par N.P. – le jeudi 4 septembre 2025 à 17H06

À quatre jours du vote de confiance du 8 septembre, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau affichent des positions diamétralement opposées sur les alliances et la stratégie de leur parti. Une fracture qui affaiblit encore un peu plus Les Républicains (LR) dans une Assemblée nationale éclatée.

Invité de BFM-TV jeudi 4 septembre, Laurent Wauquiez a surpris en affirmant que Les Républicains ne censureraient « ni un gouvernement socialiste ni un gouvernement RN » afin d’éviter une « instabilité catastrophique ». Le député de Haute-Loire a justifié sa position en rappelant une ligne fixée dès l’été 2024 : ne renverser aucun gouvernement sauf s’il compte des ministres issus de La France insoumise.

Allant plus loin, Wauquiez a aussi déclaré que le Rassemblement national faisait « partie de l’arc républicain », puisqu’« un parti qui se présente aux élections, qui a des élus et qui est légal, bien sûr qu’il est dans l’arc républicain ».

La réaction de Bruno Retailleau, président de LR et ministre de l’Intérieur, ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau X, il a rejeté tout « chèque en blanc » et rappelé que « si un gouvernement socialiste devait mener une politique contraire aux intérêts de la France, le devoir de la droite serait de l’empêcher ». Pour lui, l’entrée de LR au gouvernement Bayrou visait justement à éviter que la gauche ne prenne le pouvoir, ce qui s’oppose frontalement à la logique de tolérance prônée par Wauquiez.

Une rivalité ancienne et tenace

Cet échange traduit une fracture plus large entre les deux hommes. Depuis la victoire écrasante de Bruno Retailleau à la présidence de LR en mai dernier (plus de 70 % des voix contre 25,59 % pour Wauquiez), les tensions n’ont cessé de s’amplifier. En avril déjà, Wauquiez reprochait au ministre de manquer d’indépendance, contraint par la solidarité gouvernementale. Cette rivalité interne rejaillit aujourd’hui sur la ligne du parti, alors même qu’il est appelé à jouer un rôle clé dans l’après-Bayrou.

Les propos de Wauquiez ont immédiatement trouvé un écho favorable à gauche. « Tant mieux si Wauquiez ne nous censure pas », s’est réjoui Olivier Faure, voyant dans ces déclarations un espace pour l’émergence d’un gouvernement socialiste minoritaire. Mais cette ouverture est vite nuancée par la fermeté de Retailleau, qui maintient la ligne d’une droite prête à s’opposer frontalement à une telle hypothèse.

Cette passe d’armes intervient dans un contexte d’extrême tension politique. François Bayrou devrait perdre son vote de confiance, laissant place à une recomposition parlementaire où aucun bloc ne détient de majorité absolue. Les divisions de LR sur la question des alliances fragilisent encore la position du parti, partagé entre une stratégie d’ouverture et une ligne d’opposition ferme. L’issue de cette bataille interne pourrait peser lourd dans les équilibres politiques de l’après-Bayrou.

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