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Vols en famille, culture de zamal en famille et violences conjugales à la barre du tribunal de Champ- Fleuri

L'audience de comparution immédiate de ce vendredi après-midi avait à traiter des faits de vols en famille, de culture de zamal en famille et une fois encore, de violences conjugales. Cependant, la première affaire a été renvoyée à la demande de la défense.
Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 29 octobre 2022 à 11H24

Majeurs et mineurs volent à la FNAC du Port

Cette affaire fait grand bruit depuis quelques jours puisqu'elle concerne la famille Morby. Cette fois ce sont quatre femmes et un jeune homme qui sont à la barre pour répondre de faits de vols en date du 27 novembre 2021 et du 6 mars 2022 à la FNAC du Port. Deux d'entre eux étaient placés en détention provisoire depuis jeudi soir, les trois autres comparaissaient sous contrôle judiciaire. Il leur est reproché d'avoir dérobé en tout pas loin de 17.000€ de matériel. Certaines de ces femmes avaient la circonstance aggravante d'avoir utilisé des mineurs pour les aider à subtiliser les articles en rayon. 

Compte tenu des délais et de la teneur du dossier, certains avocats ont demandé un renvoi de l'audience. Celle-ci a été fixée au 7 décembre. Dans l'attente de cette audience, les trois comparses qui étaient sous contrôle judiciaire le restent. Une prévenue sans casier a été libérée et placée sous contrôle judiciaire. La dernière prévenue, 12 mentions à son casier, est maintenue en détention provisoire. Les faits ont été reconnus par les cinq prévenus. 

"Quand on prend des stupéfiants, on pense que des martiens vont arriver"

C'est de notoriété publique, le trafic de stupéfiants et par là même sa culture engendrent des revenus mais aussi les convoitises. Suite à une dénonciation, un père et son fils l'ont appris à leurs dépens lorsque les gendarmes de la compagnie de Saint-Benoit ont débarqué le 25 octobre dans la ravine où ils cultivaient du zamal. Les militaires y ont découvert 142 pieds de cannabis. Pour protéger tout ça, le père avait fait l'acquisition illégale d'un fusil dont il doit répondre également devant le tribunal. 

Avec l'aide de l'équipe cynophile, les militaires sont remontés jusqu'à la case du père et ont trouvé 36 plants de plus. Les deux parents ont reconnu les faits et attribué une partie de ces cultures à leur usage personnel. "On fait ça parce qu'on a plus la réalité en face quand on consomme. Avec la vie chère, j'ai des problèmes financiers depuis qu'on m'a coupé les Assédic" explique le père à la barre. Pour le fusil, il a aussi une explication qui se tient : "c'est pour me défendre. Quand on prend des stupéfiants, on pense que des martiens vont arriver. Il faut défendre le camp car pour deux pieds de zamal, les gens sont capables de beaucoup de choses". 

"Le trafic de stupéfiants est un véritable problème de santé publique trop souvent banalisé qui touche les plus jeunes. C'est un poison. Pour ma part, ils sont co-auteurs et reconnaissent les faits" tacle le parquet qui requiert 12 mois de prison pour le fils qui a 12 mentions à son casier et 16 mois plus la révocation totale d'un sursis de 8 mois pour le père qui a 3 mentions à son casier. Il requiert également leur maintien en détention. Les défenses se veulent plus mesurées : "tel père, tel fils. Un le fait pour sa consommation et l'autre pour arrondir ses fins de mois. Pour les scientifiques, c'est thérapeutique, pour le parquet c'est du poison". Les robes noires plaident pour des peines avec du sursis probatoire dans leur totalité. 

Le président condamne les deux prévenus. Il suit les réquisitions du parquet. 

"Elle crie beaucoup. Je suis obligé de mettre la main sur sa bouche pour qu'elle arrête"

Une femme a vécu l'enfer le 24 octobre dernier au Port. Elle a subi les foudres de son conjoint. Fortement alcoolisé alors qu'elle lui demande de quitter son appartement, il l'a roue de coups avec ses poings et ses pieds. La victime s'est vue décerner une ITT de 10 jours et s'est retrouvée avec quatre dents déchaussées. C'est dire la violence des coups portés. "Je suis désolé pour elle, mais moi j'ai donné que des claques" se défend le prévenu qui ne reconnaît les faits qu'à minima. Selon lui, tout part du simple fait qu'elle crie tout le temps : "Elle a un fort tempérament, elle crie beaucoup. Je suis obligé de mettre la main sur sa bouche pour qu'elle arrête. Elle crie toute seule tout le temps". 

"Il y a un contexte de violences habituelles croissantes verbales, psychologiques et physiques. Le 24 octobre, il lui porte des violents coups de poing et de pied à la tête. Selon lui, c'est juste un ralé-poussé mais il n'est pas crédible. Il a déjà eu un rappel à la loi il y a un mois pour des violences. Je vous demande une peine de 18 mois de prison avec maintien en détention", avise le procureur lors de ses réquisitions.

"Il essaye de s'expliquer mais ne comprend pas ce qui lui est reproché. Il est totalement apeuré après sa première nuit en prison. Il sait qu'il est alcoolique, il a besoin d'aide", plaide la défense.

Après délibération, le prévenu passera les 18 prochains mois derrière les barreaux. 

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