Volcan : Le front de coulée continue sa lente progression dans le haut des Grandes Pentes

L’éruption débutée le 09/04/2021 à 19h (apparition du trémor) se poursuit. L’amplitude du trémor volcanique (indicateur d’une émission de lave en surface), après avoir stagné du 29 avril au 1er mai, a repris sa tendance à lentement décroitre depuis le 2 mai. Son amplitude reste cependant significative, atteignant encore 50% de l'amplitude maximum observée durant cette éruption, le 13 avril.
Un survol en ULM réalisé ce matin par une équipe de l’OVPF a permis de confirmer que :
- les deux cônes étaient toujours actifs, des projections de lave n’étaient visibles ce matin qu’au niveau du plus petit cône en aval, alors qu’un lac de lave était toujours bien présent au niveau du cône le plus imposant en amont,
- l’écoulement de la lave à la sortie des bouches éruptives se fait essentiellement en tunnels et ce presque jusqu’à la limite supérieure des grandes pentes, où des résurgences de lave sont visibles en surface,
- le front de coulée continue sa lente progression dans le haut des Grandes Pentes. En 24h, le front de coulée a progressé de 180 m environ, et se situait ce matin aux alentours de 1500 m d’altitude,
- enfin, comme observé lors des deux derniers jours, des incendies dans la végétation située au pied du rempart et au front de coulée ont été observés.
Sur les dernières 24 heures, 3 séismes volcano-tectoniques superficiels (entre le niveau de la mer et la surface) ont été enregistrés, tous localisés à l’aplomb des cratères sommitaux.
Les flux de CO2 dans le sol sont toujours en hausse en champ lointain (région des Plaines).
La légère inflation (gonflement) de la zone sommitale et de la base du cône terminal se confirme. Ce paramètre sera suivi avec attention ces prochains jours car il peut correspondre à la pressurisation du réservoir magmatique superficiel localisée sous le sommet et pourrait suggérer un flux de magma profond entrant dans le réservoir magmatique superficiel supérieur s’ajoutant au flux de sortie du réservoir qui alimente le site éruptif.
Les conditions météorologiques favorables ont permis une estimation du flux de lave par imagerie satellite. Les débits de surface estimés sur les dernières 24h à partir des données satellites via la plateforme HOTVOLC (OPGC - université Clermont Auvergne) étaient compris entre 1 et 5 m /s.
Cependant, ces débits sont certainement sous-estimés du fait de l’écoulement de la lave qui se déroule désormais majoritairement en tunnel.


