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Viva Délixia ! Le talent paie forcément

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 10 décembre 2014 à 11H01

L’événement a été joliment relaté dans le Quotidien du jour (page 18 pour les curieux) et rend hommage au travail, à la patience, disons-le : à l’obstination d’une de nos plus talentueuses actrices, Délixia Perrine.

Depuis quelque trois ans, le TCO lui a confié le soin de créer une animation spécifique auprès des femmes des Hauts, celles que l’on n’entend (que l’on n’écoute) jamais. Métier oblige, Délixia a choisi d’inciter ces dames à exprimer leur ressenti par le biais du théâtre.

Parler quand on a l’habitude de se taire… Fichtre et diantre ! Le challenge aurait paru insurmontable à quiconque, sauf à ce petit bout de bonne femme. Elle a saisi le problème à bras-le-corps et gagné son pari.

Si bien fonctionné que quatre chaloupéennes-saint-leusiennes de ses « élèves » sont allées montrer leur savoir-faire tout neuf en France au mois de novembre. Pour dire leur espérance, parler de leur expérience de la violence et prouver de facto que l’on peut s’en sortir… en parlant. En brisant la loi non-écrite du silence familial.

Le grand, l’immense mérite de notre Délixia a d’abord été de le leur faire comprendre, puis admettre, puis de l’exprimer aux yeux et aux oreilles de tous.

L’accueil réservé en France à nos femmes des Hauts est allé au-delà de toute espérance. Wendy, Sabrina, Lucette, Anaïs, coachées par leur douce et tonitruante mentor, se sont livrées sur scène, lors de plusieurs représentations devant public, dont des professionnels.

Succès si inespéré que cela leur donne le furieux désir de poursuivre l’aventure localement, notamment devant les établissements scolaires, pour peu qu’il y ait un suivi des pouvoirs locaux.

La volonté de ces femmes est à mettre aux cimaises. Mais il faut évidemment saluer bien bas Délixia Perrine. Qui n’est pas n’importe qui.

Créolo-rodrigaise, elle descend d’une famille de Rodrigais venus enrichir nos usiniers entre les deux guerres. Son papa, Noël, disparu voici deux ans, était le dernier d’entre eux. Pour fixer les idées, les Rodrigais habitaient les « calbanons » de Grands-Bois.

Délixia est actrice, show-woman dans l’âme. Elle a débuté sur les planches avec « Source Vive » de cet iconoclaste de François Folio. Dans le même temps, elle se produisait avec les Gratfils de Jean-Pierre Lasselve. Et, très vite, devint l’égérie de Vollard de notre pote Emmanuel Genvrin, avec la grande Rachel, la douce, terrible Rachel Pothin.

La Paula de « Lepervenche », c’est elle. L’aveugle de « Séga tremblad », c’est elle. La créole furibarde claquant la porte au nez d’un Ti Fock piteux, dans « Dokèr », c’est elle. L’esclave admirative devant la vanille fécondée par le jeune Albius, dans le très beau clip « Albius Edmond » d’Harry Pitou, c’est encore et toujours elle.

J’ai la chance d’être considéré par elle comme un ami. La vie vaut quand même la peine d’être vécue, non, quand on est apprécié par une Délixia ?

Jules Bénard

 

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