Visite d'Élisabeth Borne : Céline Sitouze dénonce les critères de titularisation des enseignants à Mayotte

Réclamant la transparence totale sur les postes d'enseignants disponibles dans l'académie, l'élue régionale Céline Sitouze dénonce une inégalité de traitement instaurée à Mayotte, où des contractuels sont titularisés au bout de cinq ans, alors qu'il faut être lauréat d'un concours à La Réunion.
Comme attendu, la situation des enseignants réunionnais stagiaires ou fraîchement titulaires a été au cœur des échanges avec Élisabeth Borne, ce mardi 19 août. La ministre de l'Éducation nationale était reçue par la présidente de Région Huguette Bello, qui l'a accueillie à son arrivée avant de monter au pas de course les volées de marches menant à la Pyramide inversée.
Élisabeth Borne a souri en demandant à son hôte de calmer le tempo. Puis la ministre a franchement ri, une cinquantaine de minutes plus tard, lorsque Huguette Bello a fait le show devant les micro tendus des journalistes pour vanter les mérites de la cantine à 1 euro dans les lycées, mais aussi se féliciter du fait que, dès cette rentrée scolaire, les lauréats du Capes de La Réunion auront tous la garantie d'effectuer leur année de stage dans l'île.
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« Une avancée » selon les mots de la ministre de l'Éducation nationale, mais un petit pas seulement selon l'élue régionale en charge de l'Éducation Céline Sitouze. Celle-ci explique que l'engagement en faveur des Capes réunionnais faisait l'objet de longues discussions, entamées favorablement avec l'ancien recteur Pierre-François Mourier et poursuivies avec son successeur Rostane Mehdi.
« On a créé une inégalité avec Mayotte »
Mais Céline Sitouze réclame plus, et notamment l'instauration d'une transparence totale sur les postes disponibles dans l'académie de La Réunion. « L'État a mis en place une plateforme qui s'appelle Emploi Territorial, où tous les postes à pourvoir de toutes les collectivités territoriales de France sont disponibles », fait valoir l'élue de la majorité régionale, pour montrer que l'opacité n’est pas une fatalité dans l'administration.
« On ne sait même pas combien de Réunionnais sont en poste dans l'Hexagone, et combien voudraient rentrer », ajoute-t-elle, avant d'enchaîner : « Aujourd'hui, il y a une autre donne, c'est Mayotte. Le gouvernement a pris un décret il y a quelques années : au bout de cinq ans, les contractuels de l'académie de Mayotte deviennent titulaires. Je ne parle de CDI, mais bien de titulaires. Certains ont un BTS et sont titulaires, alors qu'à La Réunion pour certains ils ont un bac plus 5 et sont lauréats du concours. On a créé une inégalité ».
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Une inégalité qui participe à la tension qui s'exerce sur les postes à pourvoir dans notre île : titularisés au bout de cinq ans et nantis d'un total de 1.000 points attribués par l'académie de Mayotte, ces enseignants se trouvent en situation favorable pour être désignés sur des postes à La Réunion.
« On crée une compétition avec l'académie de Mayotte, ce n'est pas normal. Je suis enseignante et je peux vous dire que même en étant proche de la retraite, on atteint jamais ce total de 1.000 points », assure Céline Sitouze.


