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Violences faites aux femmes : Un site internet, deux nouveaux outils

Une cartographie en ligne et un tableau de bord, consultables sur le site internet de la DRDFE (Délégation régionale des droits des femmes et de l'égalité), ont été mis en place par la Préfecture en association avec les associations de femmes de l'île et les autorités (police, gendarmerie). Les objectifs principaux sont de briser le silence des victimes, mais aussi de faire se confier et guérir les auteurs de ces violences.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 28 janvier 2010 à 19H57

Une carte interactive de la Réunion avec à chaque ville ses organismes d'aide et de soutien pour la femme victime de violence, voilà un des deux nouveaux outils présentés cet après-midi par la Préfecture. Après des réunions de travail où les différents acteurs de la scène sociale de l'île ont pu échanger leurs idées, ils ont pu élaborer cette cartographie qui sera ouverte à tous, "pour une meilleure cohérence et un partage au public", déclarait le préfet, Pierre-Henri Maccioni.

Cette cartographie a pour fonction de faire la liste, ville par ville, des points d'écoute et d'action pour les femmes victimes. Sophie Elizeon explique que cet outil permet de "voir la répartition des associations et des acteurs sur le terrain". Réactualisée en temps réel, elle recense les services sociaux auxquels s'adresser si on se sent victime ou coupable de violences, qu'elles soient morales ou physiques.

"Un phénomène de société détestable"

Associations de femmes, Tribunal de grande instance, police, gendarmerie, hôpitaux, Préfecture et bien sûr direction régional des droits de la femme, ils ont tous contribué à l'élaboration de ces nouveaux dispositifs. D'ailleurs, il s'agit maintenant de faire travailler main dans la main ces éléments, en instaurant un dialogue non seulement entre eux mais avec les victimes et les auteurs des violences. "Le dialogue est indispensable pour agir ensemble contre ce phénomène de société détestable" a déclaré le préfet.

Le deuxième outil présenté aujourd'hui, et aussi disponible en ligne, sur le site de la DRDFE, est le tableau de bord, "pour orienter et évaluer l'impact des actions". Complémentaire à la cartographie, ce tableau de bord de suivi des violences constitue une vraie stratégie. Selon le préfet Maccioni, "il faut une politique qui s'adapte aux réalités, et pour cela il faut des chiffres; ceux que nous avions dataient de 2002".

1.222 faits constatés en 2008

Cet outil rassemble alors les informations collectées ces dernières années sur le département, avec l'aide directe de l'Observatoire régional de la santé. Trois objectifs sont visés ici : informer le public, aider les décisions et les orienter, et évaluer l'impact des actions menées. Ainsi, en 2008, on a pu recenser 1.222 faits liés au violences conjugales (soit trois pas jour), un nombre en augmentation par rapport à l'année précédente (1.098 faits en 2007).

Le groupe de travail observe que cette augmentation est "positive", car elle traduit la suppression des tabous autour de ces violences : les victimes arrivent de plus en plus à en parler, que ce soit à travers un dépôt de plainte à la police et à la gendarmerie, ou à travers des appels au 115 ou aux associations. "On est passé de 400 à 800 procédures d'une année à l'autre, au tribunal", informe Candice Gratecos, chargée de lutte contre les violences conjugales au Tribunal de grande instance de Saint-Denis.

Une prise en charge des auteurs de violences

Mais le combat ne concerne pas seulement les femmes victimes, mais aussi les auteurs des violences. Nathalie Anoumby, directrice Famille et enfance au Conseil général a remarqué "une centaine d'appels au 115 par an, d'hommes démunis qui ont violenté leur femme; ils pensent que tant qu'il n'y a pas de sang, c'est pas grave, mais ils sentent qu'ils ont besoin d'aide". Monica Govindin, conseillère général, ajoute : "On parle des victimes mais je crois bien que souvent les auteurs sont aussi victimes de ce qu'ils font subir".

En 2008, ils ont été 118 à bénéficier du programme familial de prévention des violences conjugales, contre 46 en 2007. Preuve que ces gens veulent se faire aider. Les acteurs du groupe de travail, en établissant sur le site internet de la DRDFE ces nouveaux outils ont aussi pensé cibler ces hommes. "Aller sur le site, c'est plus facile pour eux, plus impersonnel", argumente le préfet Maccioni. En plus de la cartographie et du tableau de bord, ce sont plusieurs autres informations que pourra consulter le grand public, et les acteurs dans la lutte contre les violences sur la femme.

Un espace ouvert au grand public et aux acteurs sociaux

Enfin, le site de la Délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité possède également un espace de téléchargement de divers documents utiles aux associations et autres membres actifs dans la lutte : après s'être au préalable vu remettre un mot de passe, ils pourront se procurer fiches de loi, fiches de dépôt de plainte, ou encore questionnaires. D'ailleurs, un questionnaire d'accueil commun à la police et à la gendarmerie a été élaboré, afin de simplifier les démarches et de créer un partenariat.

Enfin, en accompagnement à ces nouveaux outils et aux campagnes de communication - des formations interdisciplinaires sont proposées à plusieurs personnes aux fonctions différentes (policiers, bénévoles des associations, professionnels du social...). "Il y a une nécessité absolue de créer des liens entre les associations, les médecins, et les victimes", a terminé le préfet.
Car "c'est à la Réunion qu'on a le plus fort taux de meurtres de femmes en situation de couple", a-t-on finalement tristement conclu.

Site internet de la Délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité : http://www.drdfe.re

 

 

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