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Violences conjugales : « Je ne veux pas lui donner son fils car je sais qu’il consomme une drogue dure »

Force est de constater que les auteurs de violences conjugales n'ont que peu de limites. À la barre, ils pensent, pour la plupart, que le cocktail arme, jalousie, alcool, fierté est perçu comme une circonstance atténuante. Il n'en est rien. La lutte contre les violences conjugales est une priorité à La Réunion, cela se traduit en audience par de lourdes peines, voir très lourdes.

Ecrit par 1167938 – le mardi 25 octobre 2022 à 14H33

Une jeune mère de famille a vécu l’enfer dans la nuit du 20 au 21 octobre dernier à Bras Panon. James R., 33 ans, en veut à son ex-femme car il ne voit pas assez son fils. Ce soir-là, très alcoolisé, il la rejoint chez elle et, sous l’emprise de l’alcool, il la violente et la menace pendant un long moment. Ça commence par le téléphone. il veut son code pour voir avec qui elle converse. Comme elle refuse, il s’empare d’une bombe insecticide, d’un briquet et fait jaillir des flammes pour qu’elle cède : « je vais te tuer, te brûler et tu vas demander à Dieu de te pardonner » menace-t-il. Elle cède.

La conséquence est dramatique pour la jeune maman lorsqu’il s’aperçoit qu’elle converse avec un autre homme. Vient ensuite un passage qui dépasse l’entendement. Il met des coups de tête dans les portes et lui assène tellement de gifles qu’elle a la tête en sang. Loin d’être satisfait, il la force ensuite, couteau en main, à signer un papier lui laissant la garde exclusive de leur fils.  Puis, toujours sous la menace, il la force à se vêtir d’un hijab et prier pour que « Dieu lui pardonne ». La jeune femme s’exécute. C’est la mère de ce dernier qui s’interpose et le désarme alors qu’il a forcé la jeune femme à le conduire là-bas. Elle réussi à fuir pour se réfugier chez une amie.

« Je ne veux pas lui donner son fils comme il le veut car je sais qu’il consomme une drogue dure »

« Je suis désolé, j’ai pété les plombs avec l’alcool« , explique-t-il à la barre du tribunal. « Il n’aurait jamais fait ça si il avait été à jeun. Je sais que je suis une victime aujourd’hui mais ce n’est pas quelqu’un qui agresse les gens. Je ne veux pas lui donner son fils comme il le veut car je sais qu’il consomme une drogue dure« , témoigne la victime face au président. Pourtant, l’homme est coutumier du fait. Il a cinq mentions à son casier dont la dernière remonte à 2018 pour des faits de même nature. Il avait alors écopé d’1 an et 3 mois de prison.

« Les dossiers de violences conjugales sont systématiques lors des audiences et font montre de violences allant crescendo. Il lui extorque un document, lui impose de porter le hijab et d’implorer Dieu. Elle a eu particulièrement peur cette nuit-là. Ce sont des faits particulièrement graves« , fustige la procureure qui requiert 5 ans de prison dont 1 an de sursis et le maintien en détention.

« C’est une nuit de peur pour elle. Ces violences conjugales sont intolérables mais elles existent. Il ne veut pas se dérober de ses responsabilités mais la question est : était-il conscient de ses actes ? Un chien qui aboie ne mord pas ! Le ministère public demande une peine exemplaire, mais chaque cas est unique, » plaide la robe noire en défense. 

Le prévenu est condamné à la peine de 3 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire renforcé. La peine la plus dure pour lui est sans aucun doute le retrait de son autorité parentale. La procureure de la République l’avait requis en peine complémentaire. 

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