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Violences : « C’est quoi l’avenir, qu’il finisse entre quatre murs et elle entre quatre planches ? »

Un homme de 39 ans comparaissait ce mercredi pour des faits de violences conjugales dans le cadre d'une comparution immédiate. C'était la troisième fois qu'il était jugé pour de tels faits sur la même victime. À sa sortie de détention en avril dernier, il avait une interdiction de contact avec elle, qu'il n'a pas respectée.

Ecrit par Regis Labrousse – le vendredi 18 août 2023 à 11H32
Image d'illustration : Tribunal judiciaire de Saint-Denis

Dans la nuit du 20 au 21 juillet à Saint-Denis, il est 4h40 lorsque la police est appelée pour des violences conjugales. Quand les forces de l’ordre arrivent, ils trouvent le couple dans sa voiture, l’homme endormi au volant tant il est sous effet. Les agents constatent que sa compagne a le visage tuméfié et du sang sur ses vêtements. Elle a subi un déferlement de violences dans la voiture. Comme souvent, une histoire futile est le déclencheur. Ils sont en voiture et n’a pas supporté qu’elle dise bonjour à des connaissances masculines.

Il est interpellé puis placé en garde à vue. Comme souvent, les versions divergent. Lors de son audition, la jeune femme avoue des violences au début du mois de juillet alors qu’ils étaient en week-end dans l’ouest. Cette fois encore, elle a subi des coups et des tirages de cheveux.

Le prévenu se défend d’avoir porté des coups. Il s’érige en victime, affirmant qu’il n’a fait que se défendre face à une personne hystérique qui « peut l’envoyer en prison quand elle veut« . En effet, c’est là coeur du problème pour le tribunal. Il a une interdiction de contact avec la victime qu’il n’a pas respectée. « C’est vrai qu’on s’est texté, mais c’est elle qui me cherchait. Je prenais le risque pour ma fille« , explique le prévenu au président.

« Quand elle pleure, elle saigne des gencives, elles sont très fragiles »

Pour les violences, il a aussi une explication : « C’est une grande manipulatrice, elle veut me faire entrer en prison« , ajoutant, « elle a tout fait pour me faire péter les plombs, elle ne voulait pas que j’aille au Mahé« . Alors que le rapport et le certificat médical font état d’ecchymoses et d’un visage tuméfié, le prévenu s’en défend : « Je n’ai pas vu ça. Elle avait beaucoup pleuré, son visage a beaucoup gonflé et quand elle pleure, elle saigne des gencives, elles sont très fragiles ». « Vos déclarations n’expliquent pas ce que les médecins constatent« , le reprend à la volée le président. « Ce n’est pas qu’elle la victime, c’est moi aussi« , conclut le prévenu. 

Le silence est de mise lorsque le président aborde le casier du prévenu. Il comporte 14 mentions depuis 2003 dont trois peines importantes de 8, 6 et 3 ans de détention. Il y a trois mentions qui concernent la victime. Il reste 16 mois de sursis au-dessus de sa tête. « C’est mon passé, je ne suis plus comme ça. J’ai vraiment merdé, il y a ma fille au milieu de tout ça. Je regrette« , indique-t-il au président. Présente à l’audience, la victime est inflexible : « Je confirme ce que j’ai dit, il n’assume toujours pas. Je veux qu’il assume aujourd’hui« . 

« On dénombre neuf ecchymoses distinctes le 21 juillet et 10 jours d’ITT »

« Il n’assume pas et qu’aujourd’hui il ajoute de la dénégation, c’est insoutenable. La seule personne toxique et dangereuse aujourd’hui, c’est lui. C’est quoi l’avenir, qu’il finisse entre quatre murs et elle entre quatre planches ? C’est le seul qui doit avoir honte« , fustige très remontée la partie civile. « J’espérais un visage différent lors de cette audience« , ajoute le parquet. « C’est elle qui se comporte mal et lui qui montre l’exemple. C’est insoutenable, inaudible. On dénombre neuf ecchymoses distinctes le 21 juillet et 10 jours d’ITT. Il a cette faculté de toujours retomber sur ses pieds« , assène la procureure qui requiert 4 ans de prison dont 1 an de sursis, la révocation des 16 mois d’un sursis précédent et le maintien en détention. 

Pas aidée par le comportement de son client à la barre, la défense répond : « À chacun sa vérité. Le parquet parle d’agilité mais à chaque fois, ça le mène en prison. Mon travail n’est pas de travestir sa personnalité pour qu’il vous dise ce que vous voulez entendre. Le contexte est important. C’est une relation suivie et entretenue par les deux. Il y a des violences mais beaucoup d’amour. Il a pris conscience de situation, il essaie juste devant vous de sauver sa peau. C’est une peine lourde au regard des faits« , plaide la robe noire. 

Après délibération, le tribunal condamne le prévenu à 2 ans de prison, révoque le sursis de 16 mois précédent et maintient le prévenu en détention. Il devra s’acquitter de 2.000€ de dommages eu égard aux demandes de la partie civile. 

Thèmes : Violences
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