Vie chère en outre-mer : Audrey Bélim étrille le rapport de l’Autorité de la concurrence sur la Martinique

L’avis rendu par l’Autorité de la concurrence sur les marges alimentaires en Martinique cette semaine suscite des réactions à La Réunion. La sénatrice Audrey Bélim estime que ce travail reste insuffisant pour comprendre la formation des prix et lutter efficacement contre la vie chère.
L’avis publié mardi 10 février 2026 par l’Autorité de la concurrence sur les marges des grossistes-importateurs et distributeurs de produits alimentaires en Martinique continue de faire réagir. À La Réunion, la sénatrice Audrey Bélim y voit un document intéressant mais incomplet, qui ne permet pas, selon elle, de répondre pleinement aux enjeux de la vie chère dans les territoires ultramarins.
Si elle rappelle que la Martinique et La Réunion présentent des différences, la parlementaire souligne néanmoins des contraintes communes, notamment l’éloignement géographique, la structuration des marchés ou encore le nombre limité d’acteurs économiques. Autant de facteurs qui, selon elle, contribuent à maintenir des prix élevés pour les consommateurs.
Une analyse jugée insuffisamment précise
Dans son communiqué, Audrey Bélim regrette que l’Autorité de la concurrence n’ait pas disposé d’informations suffisamment détaillées pour analyser précisément la formation des prix. L’institution indique en effet avoir travaillé à partir de données fiscales, d’éléments comptables agrégés et d’échantillons partiels, sans traçabilité complète produit par produit.
La sénatrice estime que cette situation empêche d’identifier clairement la part de marge réalisée à chaque étape de la chaîne, du fournisseur jusqu’au rayon. Elle pointe notamment l’organisation fréquente en groupes intégrés, mêlant importation, logistique, gros et distribution, ce qui complique selon elle la lisibilité des prix en raison des transferts et refacturations internes.
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Elle juge ainsi regrettable que l’Autorité n’ait pas eu accès à certaines informations concernant ces opérateurs intégrés, considérant que cela limite fortement la portée de l’analyse.
Des inquiétudes persistantes sur la vie chère
Audrey Bélim souligne également que l’avis ne permet pas de reconstituer précisément la chaîne de formation des prix pour un panier de produits. Elle évoque aussi plusieurs points d’inquiétude confirmés, selon elle, lors de l’audition récente du secrétaire général de l’ILEC, le syndicat des marques de grande consommation.
L'élue estime notamment que la question de l’ultraconcentration du secteur de la distribution est insuffisamment abordée et que l’application de la loi Lurel, destinée à encadrer certaines pratiques commerciales en outre-mer, renvoie encore vers la la DGCCRF, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
Pour la sénatrice réunionnaise, cet avis ne constitue donc pas un outil suffisamment solide pour aider élus et citoyens à lutter efficacement contre la vie chère. Elle rappelle que, pendant ce temps, les habitants des territoires ultramarins continuent de subir des prix alimentaires durablement élevés.


