Revenir à la rubrique : Société

Vidéo – Violences faites aux femmes : L’UFR demande aux autorités de se baser sur le modèle espagnol

La journée internationale pour l'élimination de la violence faite aux femmes se tiendra comme tous les ans ce 25 novembre. L'occasion pour l'Union des femmes réunionnaises (UFR) de marquer un temps d'arrêt et de parler de ces violences (féminicides, disparitions de femmes ou encore des classements sans suite des plaintes) que subissent les femmes au quotidien, aussi bien au plan local que national. L'UFR demande par ailleurs la tenue prochaine de nouveaux Etats généraux des violences faites aux femmes, après les derniers qui se sont déroulés dans l'île en 2016.

Ecrit par SI – le vendredi 25 novembre 2022 à 06H06

Présente lors de cette conférence de presse, la présidente de Région et présidente emblématique de l’UFR, Huguette Bello, a tout d’abord rappelé les derniers chiffres en matière de féminicides en France. L’an dernier, 122 femmes ont été tuées par leur conjoint dans le pays, un chiffre en augmentation de 20% par rapport à 2020, « soit un un décès tous les deux jours et demi » a rappelé Huguette Bello. Cette dernière s’est ensuite penchée sur le cas de La Réunion, où les chiffres sont particulièrement alarmants. En effet, l’île compte une triste moyenne de quatre féminicides chaque année, pour un total de 53 femmes tuées en l’espace de 15 ans. Le dernier en date est celui de Charlotte Dalleau le 6 novembre dernier à Sainte-Rose, tuée sous les coups de couteau de son conjoint qui avait ensuite tenté de mettre fin à ses jours.

Malgré les dispositifs mis en place ces dernières années (Téléphone Grave Danger, portail de signalement en ligne à destination des victimes, renforcement de la présence des intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries, formation des professionnels concernés, etc.), ce fléau reste encore très présents dans nos sociétés. Pourtant, lors du précédent quinquennat, un Grenelle sur les violences conjugales avait été conduit par l’ancienne secrétaire d’Etat Marlène Schiappa. Pas suffisant pour l’UFR. « De ce cet évènement, je retiens ce qu’a déclaré l’ex-procureur de Douai, Luc Frémiot, qui n’était pas passé par quatre chemins : il avait estimé que la secrétaire d’État était, je cite, ‘complètement à côté de la question’ avec son Grenelle. Pour lui qui est devenu un spécialiste dans la lutte contre les violences conjugales, l’heure n’est pas à la ‘grande réflexion culturelle’. Il estime qu’il faut d’abord prendre en compte les plaintes », poursuit Huguette Bello.
 

Pour tenter d’y mettre fin, l’UFR réclame l’adoption d’une loi-cadre contre les violences de genre, à l’image de ce qui a été mis en œuvre en Espagne sous le gouvernement Zapatero il y a 18 ans. Une loi « qui couvre aussi bien les aspects préventifs, éducatifs, sociaux, d’assistance et de suivi des victimes que les aspects législatifs civils et pénaux ou encore les aspects procéduraux et d’organisation judiciaire », précise l’UFR, grâce notamment à la mise en place de tribunaux spécialisés en violences conjugales mais qui traitent également d’autres affaires.

Depuis l’adoption de cette loi en Espagne, le nombre de féminicides a chuté de plus de 25% en l’espace de 18 ans. Un chiffre pour se rendre compte du travail accompli par nos voisins espagnols : en 2020, plus de 25.000 ordonnances de protection pour éloigner les agresseurs de leur victime ont été délivrées en Espagne, contre 3.000 en France sur la même période. Si l’Hexagone s’est inspiré de l’Espagne pour mettre en place la surveillance électronique, un long chemin reste encore à parcourir : quelques centaines de bracelets anti-rapprochement étaient distribués en 2021, contre cent fois plus en Espagne où des tribunaux dit « de garde » ont également été mis en place pour traiter des urgences dans des cas de violences conjugales. Pour avoir les moyens de ses ambitions en matière de lutte contre ces violences, Madrid met plus d’1 milliard d’euros sur la table tous les ans. Sans commune mesure avec les moyens alloués par les autorités françaises, qui ne consacrent que 57 millions d’euros chaque année dans un ministère dédié à cette question…

« Vous croyez que la France, ce pays de 68 millions d’habitants, n’en a pas les moyens ? On ne veut pas payer, c’est surtout ça », peste la présidente de l’UFR. Elle ajoute : « En France, on ne consacre que 57 millions d’euros dans un secrétariat d’État dédié. Vous croyez qu’on peut réellement lutter contre les violences faites aux femmes avec un tel montant ? C’est l’honneur d’un gouvernement de lutter contre ces violences mais à part ça, qu’est-ce qu’on veut faire, reculer comme aux Etats-Unis ? »

 

Thèmes :
Partagez cet article:
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Le SNJ se dit « ouvert au dialogue » avec les trois candidats au rachat du Quotidien de La Réunion

Avant que les 48 salariés du Quotidien ne soient consultés sur les trois offres de rachat déposées pour leur journal, il faudra au préalable que celles-ci soient déclarées recevables. Bien qu’aucun candidat ne prévoie de conserver le moindre journaliste, mais seulement d’en recruter un certain nombre après leur licenciement, le syndicat SNJ ne ferme pas la porte aux discussions avec les repreneurs.

Le “Kar’ La Nuit’” démarre dès ce soir !

Ce nouveau service de transport à la demande a été lancé ce vendredi par le TO et la Semto. Destiné aux salariés de la restauration ou de l’hôtellerie, mais aussi aux noctambules, deux mini-bus seront mis en service une expérimentation de six mois tous les jours de 20h à 3h.

Épidémie de Leptospirose : Circulation à un niveau élevé

Santé Publique France océan Indien fait le point sur les circulations virales en cours à La Réunion. L’épidémie de Leptospirose a atteint un niveau plus élevé que les années précédentes. Une personne diagnostiquée est décédée, mais les autorités ne peuvent pas confirmer un lien entre le décès et la maladie bactérienne.