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Vers une suppression des APL pour les étudiants? L'UNEF promet la guerre au gouvernement

Ecrit par zinfos974 – le lundi 14 avril 2014 à 10H31

La France a besoin de faire des économies pour tenir ses engagements de réduction du déficit public à 3% d'ici 2015. Les APL (Aides personnalisées au logement) versés aux étudiants non boursiers sont dans le collimateur et pourraient faire partie du coup de rabot prévu par le gouvernement dans son plan d'économies de 50 milliards d'euros.

Si cette option n'est pas encore validée par le gouvernement Valls, la piste est très sérieusement étudiée du côté de Bercy.

Une mesure jugée "scandaleuse" par l'UNEF de la Réunion. "Si le gouvernement s’attaque aux aides au logement, au nom de la réduction des dépenses publiques, il devra assumer d’entrer dans une franche confrontation avec les étudiants", explique Stéphane Maillot, président de l'UNEF et vice-président du CROUS.

A la Réunion, cette mesure toucherait 44% d'étudiants et aurait pour conséquence pour ces derniers de grandes difficultés à se loger en dehors de leur famille. Le logement est le premier poste de dépense pour les étudiants. "Selon l'enquête régionale de l'UNEF de la rentrée 2013, le coût moyen d'un logement est de 378 euros dans le département (…). La mesure d’économie présentée revient à supprimer, pour 44% d'étudiants réunionnais, une aide comprise entre 150€ et 200€ par mois. En supprimant brutalement un tiers de leur revenu, cette mesure empêchera des jeunes de rester dans leur logement, et donc de poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur", poursuit-il.

Une mesure d'économie évaluée à 800 millions d'euros par la Cour des comptes

Cette situation est d'autant plus compliquée à la Réunion où l'on compte seulement 1.100 chambres (CROUS) disponibles pour les 18.000 étudiants inscrits sur toute l'île. "Cette mesure antisociale rendrait les étudiants plus dépendant de leur famille, elles-mêmes frappées par la crise. La suppression des aides au logement signifierait une double peine pour les 44 % d’étudiants exclus du système de bourse qui se verraient désormais privés de la seule aide à laquelle ils ont droit", précise Stéphane Maillot.

Si cette piste de réduction des dépenses publiques venaient à se concrétiser, l'UNEF promet la guerre entre le gouvernement et étudiant. Une mesure quasi-identique proposée par le gouvernement Fillon en 2010 avaient été abandonnée suite à la pression des étudiants. "L’UNEF Réunion rappelle son opposition à toute remise en cause du caractère universelle des aides au logement, condition indispensable pour que les jeunes accèdent à un logement autonome. L’UNEF rappelle au gouvernement qu’il est attendu sur l’amélioration des conditions de vie des étudiants à la prochaine rentrée, pas sur la remise en cause de leurs droits", conclut-il.

L'UNEF souhaite une positionnement "clair" et "rapide" du gouvernement sur ce sujet. D'un autre côté, cette suppression pure et simple des allocations logements pour les étudiants non boursiers représenterait une économie de 800 millions d'euros selon la Cour des comptes.

 

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