Vente d’alcool en station-service : “On vend des obus qui tuent nos familles”

À l’occasion de la conférence d’annonce de la Mad Pride 974, la maire de Saint-Denis a dénoncé la banalisation de l’alcool à La Réunion. Ericka Bareigts se dit favorable à une interdiction de la vente d’alcool en station-service.
En marge de la nouvelle édition de la Mad Pride 974, Ericka Bareigts, maire de la ville d’accueil de l'événement visant à briser les préjugés sur la santé mentale, a profité de l’occasion pour alerter sur les risques liés à l’alcool.
Une double peine pour les personnes souffrant de troubles mentaux
La Réunion connaît une augmentation de la population suivie pour des troubles de santé mentale. Une grande part de ces patients souffre aussi d’alcoolisme chronique.
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Une récente enquête sur l’alcoolisation massive à La Réunion révèle qu’un consommateur chronique sur deux présente un trouble psychiatrique. Les troubles psychotiques, dont la schizophrénie, concernent un tiers des répondants, tout comme les états dépressifs. Les troubles anxieux touchent, quant à eux, plus d’un quart des personnes interrogées.
“C’est plus facile d’acheter du rhum que de quoi manger”
Lors de son intervention, Ericka Bareigts n’a pas mâché ses mots : “Dans un pays de production de rhum Charrette et d’alcool à bas prix (…), il est plus facile de s’acheter ce poison infernal que d’aller s’acheter à manger. À quel moment La Réunion va s’opposer à ce genre de pratiques qui tuent ses propres enfants ? C’est scandaleux. Il faut que ça cesse.”
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La maire de Saint-Denis appelle à suivre les recommandations des professionnels de santé, notamment la taxation des alcools locaux, l’interdiction de la publicité, et des mesures contre la banalisation de l’alcool fort : “On vend des obus qui tuent nos familles.”
Stations-service : un point d’accès problématique
L’étude indique que 24 % des consommateurs interrogés achètent régulièrement de l’alcool dans des stations-service. Sur ce point, Ericka Bareigts se dit favorable à l’interdiction de la vente d’alcool fort en station. “On peut continuer à avoir des stations qui vendent, maintenir de l’activité économique, peut-être même plus et différemment, et arrêter de produire de la facilité à l’accès à l’alcool.”
Actuellement, la vente d’alcool non réfrigéré, y compris les alcools forts, est autorisée en station-service entre 8 h et 18 h, sous réserve de détention d’une licence. Les stations ont également l’obligation d’afficher l’interdiction de vente nocturne et de proposer des éthylotests à la vente.
Les maires et les préfets peuvent prendre des arrêtés pour interdire localement la vente d’alcool en station-service, en cas de troubles à l’ordre public. Ces décisions doivent cependant être ciblées et proportionnées.


