Vaste coup de filet contre la DZ Mafia : 26 personnes mises en examen, dont un avocat

Une vaste opération contre le trafic de drogue visant la “DZ Mafia”, organisation criminelle impliquée dans le narcotrafic marseillais, a conduit à l’interpellation de 42 personnes il y a quelques jours. À l’issue des gardes à vue, 26 suspects ont été mis en examen, dont un avocat soupçonné d’avoir aidé le réseau. Quinze d’entre eux ont été placés en détention provisoire.
La justice française a porté un nouveau coup au narcotrafic marseillais. Une vaste opération baptisée “Octopus” a permis l’interpellation de 42 personnes soupçonnées d’appartenir ou d’avoir participé aux activités de la "DZ Mafia", “DZ” renvoyant au code international de l’Algérie.
L’opération, menée notamment par la gendarmerie et la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, a mobilisé près de 900 gendarmes dans plusieurs départements du sud de la France, mais aussi dans plusieurs établissements pénitentiaires où certains suspects étaient incarcérés.
Beaucoup de femmes impliquées
À l’issue des gardes à vue, 26 personnes ont été mises en examen. Parmi elles figurent 17 hommes et 9 femmes. "Nous constatons une véritable féminisation du narcobanditisme, avec la présence de plusieurs femmes parmi les personnes mises en cause", a d'ailleurs relevé le procureur de Marseille Nicolas Bessone. Quinze suspects ont été placés en détention provisoire tandis que les onze autres ont été placés sous contrôle judiciaire.
Plusieurs profils variés apparaissent dans ce dossier judiciaire, parmi lesquels deux rappeurs et un avocat pénaliste soupçonné d’avoir été corrompu par le réseau. Ce dernier a lui aussi été écroué.
L’enquête s’inscrit dans une stratégie judiciaire visant à frapper “le cœur de ce groupe criminel”, une organisation que le procureur de Marseille considère comme une organisation qui est "tout sauf une construction policière ou journalistique."
Un avocat soupçonné d’avoir aidé le réseau
La mise en cause d’un avocat pénaliste constitue l’un des aspects les plus sensibles de l’enquête. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir facilité les communications entre certains membres du réseau et l’extérieur, alors que ces derniers étaient incarcérés dans des établissements de haute sécurité.
Les investigations ont notamment mis en évidence des contacts répétés et suspectés d’avoir permis de transmettre des informations ou de préparer des actions depuis la prison, ce qui aurait attiré l’attention des enquêteurs et conduit à la surveillance de ce conseil juridique.
La DZ Mafia est considérée par les autorités comme l’une des organisations majeures du narcotrafic marseillais. Plusieurs de ses dirigeants présumés, déjà détenus, continueraient à piloter certaines activités criminelles depuis leur lieu d’incarcération. "C’est un conseil d’administration qui fonctionne sans président", a ainsi fait remarquer le procureur pour tenter d'illustrer le fonctionnement de ce réseau de drogue.


