Vaccin contre le chikungunya : les regrets de l'ARS

L’ARS Réunion revient sur une campagne vaccinale décevante, freinée par la méfiance du public et un décès imputé au vaccin.
La campagne de vaccination contre le chikungunya à La Réunion a débuté le 7 avril dernier sur le territoire. La population réunionnaise est loin d’avoir investi cette campagne comme l'espéraient les autorités de santé, qui misaient sur une immunité collective pour endiguer l’épidémie. L’annonce d’un décès lié au vaccin, début mai, a ensuite mis un net coup d’arrêt à la dynamique vaccinale.
“Le vaccin est sans doute arrivé trop tard déjà. Il était mis à disposition au mois d'avril. On était presque déjà au pic de l'épidémie. Le vaccin aurait pu arriver plus tôt, mais là, on a fait tout ce qu'on pouvait pour avoir les doses”, avance le professeur Xavier Deparis, directeur de la Veille Sécurité Sanitaire, Santé et Milieu de Vie à l’Agence régionale de santé La Réunion.
À peine 5.000 personnes vaccinées contre le chikungunya
Sur les 40.000 doses commandées, environ 5.000 personnes ont été vaccinées jusqu’à présent.
Dans le détail, un peu plus de 3.000 personnes ont reçu une dose IXCHIQ dans le cadre de la campagne menée par l’ARS, entre 700 et 800 personnes ont acheté le vaccin, et 1.200 personnels soignants ont été vaccinés dans le cadre de la campagne du CHU.
“On n'a pas vacciné beaucoup de personnes, malheureusement”, regrette l’Agence régionale de santé, et continue de recommander, selon les avis de la HAS, le IXCHIQ pour les moins de 65 ans, de plus de 18 ans, porteurs de comorbidités.
“C'est trop peu. C'est dommage. Il y a eu ce décès qui est survenu, imputable au vaccin, mais parmi ces personnes qui ont été vaccinées, il y en a un certain nombre chez qui on a dû éviter des formes sévères, voire des décès (…) Il faudra l'étudier et l'évaluer”, poursuit le professeur Xavier Deparis.
“Les antivax se réjouissent”
Consciente d’une méfiance grandissante vis-à-vis de la vaccination au sein de la population, l’ARS entend lutter contre la désinformation relayée par les antivax.
“On a bien conscience que sur les réseaux sociaux, les antivax, comme on les appelle, se réjouissent de tous ces événements. C'est vraiment quelque chose contre lequel il va falloir que l'on lutte, et qu'on arrive à redonner confiance à la population. On a les arguments scientifiques pour tout expliquer, on n'a rien à cacher”, assure le directeur de la Veille Sécurité Sanitaire, Santé et Milieu de Vie à l’Agence régionale de santé La Réunion.
Et de conclure : “S'il y a eu un progrès majeur en médecine ces 50 dernières années, ce sont bien les vaccins. Et si la population humaine est devenue aussi nombreuse sur la planète, c'est bien grâce aux vaccins également. Je dirais qu'être antivax, c'est un confort dans les pays où les gens sont vaccinés autour de vous. Je propose aux antivax d'aller vivre dans des pays où circulent en permanence les virus de la rougeole, de la polio. Et on verra ce qui va se passer pour eux”.


