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Une religieuse accusée de vol et d’escroquerie sur une gramoune

Une affaire peu banale occupait le tribunal judiciaire de Saint-Denis lors de l'audience correctionnelle. En effet, une religieuse avait à répondre de faits de vol et d'escroquerie aux dépens d'une vielle dame dont elle s'occupait dans un foyer religieux des hauts de l'ouest.

Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 29 juin 2024 à 16H46

Toute cette affaire démarre d’une plainte du directeur d’un foyer religieux où la victime était prise en charge. Le responsable du foyer s’est rendu compte de plusieurs retraits sur le compte de la victime entre le 1 mai et le 13 juillet 2022, alors qu’elle était hospitalisée à cette période. Il apparait 49 retraits sur le compte pour une valeur de 4800 euros. Selon lui, les seules personnes ayant pu avoir accès aux affaires de la gramoune, étaient les deux religieuses qui s’occupaient d’elle. Très vite, l’enquête pointe une religieuse et une employée qui avaient été en possession de la carte bancaire de la victime en décembre dernier. La bonne sœur est alors convoquée à la gendarmerie puis placée en garde à vue. Elle explique aux enquêteurs que c’est la victime qui lui avait demandé de prendre sa carte bancaire pour changer son forfait mobile. Elle reconnait lui avoir demandé le code par téléphone, car elle en avait eu besoin pour payer l’opérateur. Elle avait ensuite rendu la carte à sa propriétaire, carte qui ne sera jamais retrouvée. La victime est décédée depuis.

À la barre, elle conteste les faits et confirme ses. dires : « J’ai utilisé la carte bancaire pour souscrire un abonnement Free. Elle m’a demandé de lui changer comme Orange était trop cher pour elle. J’ai dû mettre l’abonnement, car Orange ne voulait pas prendre sa carte d’identité« , explique la religieuse. Le président met ensuite en exergue un SMS échangé entre la religieuse et la victime, demandant à celle-ci de lui léguer l’intégralité de ses biens : « On m’a accusé pour le SMS, mais ce n’est pas moi qui l’ai écrit« , se défend la religieuse qui évoque un problème entre elles, car elle pense que c’est elle qui l’a dénoncée. Le tribunal noté également que la carte bancaire de la victime a finalement été retrouvée dans sa valise avec une somme de 180 euros correspondant au dernier retrait effectué, sans doute comme par miracle, sur indication de la religieuse.

Pour le procureur de la République, « ce n’est pas l’affaire du siècle » mais insiste sur le fait qu’il existe un SMS qui « demande à la victime de léguer tous ses biens à l’aube de sa mort« . Le parquet poursuit en pointant que « c’est elle qui indique que la carte bancaire est dans la valise et elle connait le code de sécurité. Juste avant sa mort, la victime ne pouvait plus s’exprimer en raison de son état. Elle n’a pas pu lui demander de faire ces retraits », conclut le magistrat qui requiert « une peine symbolique » de 4 à 6 mois de prison avec sursis simple. « En matière pénale, tout est possible, je ne vous demande pas de lui donner le bon dieu sans confession« , répond la défense. « Je trouve ce dossier particulièrement injuste, car pour une religieuse, c’est un peu difficile de se voir accusée de voleuse et d’être chassée de son propre foyer« , insistant la légèreté de l’enquête. La robe noire se fend ensuite d’un argument imparable : « Je tiens à préciser que l’enquêteur est l’époux de la secrétaire du foyer« , fustige la robe noire qui demande la relaxe.

Sans grande surprise, le tribunal prononce la relaxe de la religieuse.

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