Une mission en Colombie met le téléphérique de La Montagne sur les rails

Du 7 au 10 avril 2013, une délégation de deux personnes de la mairie de Saint-Denis, composée de Gérald Maillot, premier adjoint, et de Didier Annette, s'est rendue à Medellin, en Colombie, afin de rencontrer les acteurs qui ont participé à la construction du motocâble. Il s'agit d'un système de téléphérique, de cabine monocâble, pouvant transporter 3.000 personnes par direction et par heure.
"Nous nous sommes rendus à Medellin en suivant les conseils de l'Agence Française de Développement", explique Gérald Maillot. Le premier adjoint de Gilbert Annette souligne que Saint-Denis et Medellin possèdent de nombreuses caractéristiques en commun au niveau du relief. Rappelons que le projet de la municipalité et de la Cinor est de créer un téléphérique qui relierait La Montagne jusqu'au centre-ville de Saint-Denis.
Le téléphérique prêt dans deux ans ?
"On constate que la population augmente de 2% chaque année sur la route de La Montagne. Ce mode de déplacement nous paraît le plus approprié, notamment parce qu'il nécessite peu de mobilisation foncière", poursuit Gérald Maillot. Une étude de faisabilité commandée par l'AFD a jugé le projet réalisable et évalué son coût provisoire à environ 20 millions d'euros. "Ce téléphérique pourrait voir le jour dans deux ans", explique Gérald Maillot, qui préfère cependant employer le conditionnel. Il pourrait donc y avoir un téléphérique à Saint-Denis dans le courant de l'année 2015, si l'on en croit les prévisions du premier adjoint du chef-lieu.
Mais revenons à Medellin. Gérald Maillot retient que dans cette ville du Sud de la Colombie, "la création du téléphérique a provoqué un développement économique et le désenclavement de certains quartiers. Avant, les personnes mettaient 1h30 pour se rendre au centre-ville. Désormais, elles mettent 15 minutes", observe-t-il, jugeant ce mode de déplacement "très constructif". Ce voyage en Amérique du Sud a "plus que jamais" conforté le projet de téléphérique de la ville de Saint-Denis.
Après la Colombie, bientôt la Chine
Cependant, un tel voyage si loin de la Réunion ne manque pas de faire grincer quelques dents, notamment dans l'opposition municipale. Mais Gérald Maillot se défend de tout gaspillage d'argent public. "Nous ne ferons jamais l'unanimité. Nous avons voyagé en classe économique, peu d'élus le font", s'exclame-t-il. Il rappelle que ce voyage était une mission "utile" et de "travail".
L'occasion pour Gérald Maillot de tâcler la présidente du Conseil général, Nassimah Dindar. "Elle revient d'un voyage en Martinique. Elle aurait pu partir seule avec un collaborateur. Elle a choisi de partir avec une délégation", s'emporte le premier adjoint de Saint-Denis, apparemment bien renseigné. Nassimah Dindar s'est effectivement rendue en Martinique pour présider la Commission des Outre-mers de l'Assemblée des Département de France (ADF), rassemblant les exécutifs des Départements de Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte. Un voyage qui "n'a servi à rien", estime Gérald Maillot.
Il n'empêche, la mairie de Saint-Denis n'en n'a pas fini avec les déplacements en long-courrier. D'après nos informations, une délégation de la municipalité se rendra prochainement en Chine. Contactés, les services de la mairie ne souhaitent pas communiquer pour le moment sur ce futur séjour... dont on peut parier qu'il s'effectuera en classe économique !


