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Une innovation mondiale et un premier pas vers la souveraineté énergétique de La Réunion avec le projet Hydro Tanika

Ecrit par Mathis Lagrange – le jeudi 21 mai 2026 à 19H13

Porté par EDF, le projet de station de transfert d'énergie par pompage débute sa phase de concertation. La STEP, qui utilisera de l'eau de mer pour produire de l'électricité, est prévue pour entrer en service d'ici 2033. Un système hydraulique pompera l'eau de l'océan vers un bassin en altitude afin de la relâcher en cas de besoin et fournir une puissance de 50 MW durant 8 heures.

« Toute l'énergie électrique consommée à La Réunion est produite sur l'île. » Cette idée résume les propos de Dominique Charzat, directeur régional d'EDF Réunion, à l'occasion de la présentation du projet Hydro Tanika. Présenté mercredi 20 mai, lors de la première réunion plénière de lancement, le dispositif prévoit la construction, sur les hauteurs de La Montagne, à Saint-Denis, d'un bassin de 800.000 mètres cubes sur une zone de treize hectares.

La nouvelle station de transfert d'énergie par pompage (STEP) marine devrait permettre de fournir une puissance de 50 MW durant 8 heures. Ce projet a été inscrit dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Dominique Charzat, directeur régional d'EDF Réunion (photo : Pierre Marchal - Anakaopress)

Comment cela fonctionne-t-il ? Le système comprend deux retenues d’eau situées à des altitudes différentes. L’eau du bassin supérieur est relâchée vers celui du bas, faisant tourner des turbines qui produisent de l’électricité.

« Ici, le second bassin, ce sera l’océan », explique Emmanuelle Verger-Chabot, directrice exécutive du groupe EDF en charge des activités hydrauliques.

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La STEP, située à environ 300 mètres d’altitude, viendra compléter les énergies renouvelables intermittentes déjà présentes sur l’île. Pendant la journée, lorsque le solaire et l’éolien fonctionnent à plein régime et que la consommation électrique est la plus faible, l’énergie accumulée servira à pomper l’eau de mer et à remplir la retenue. Ensuite, en fin de journée, « quand on a besoin d’électricité pour la climatisation par exemple », l’eau sera relâchée afin de produire l’énergie nécessaire.

Dominique Charzat insiste sur l’importance du stockage de l’énergie : « Ces réserves peuvent être mobilisées dans un délai de l’ordre de la milliseconde, sans que l’humain n’ait le temps d’agir, en cas de besoin. C’est primordial pour le système électrique réunionnais. »

Tendre vers la souveraineté énergétique

La construction de la station, prévue pour démarrer en 2028 avec une mise en service visée en 2033, se fera sur d’anciens terrains agricoles appartenant à la mairie de Saint-Denis.

Emmanuelle Verger-Chabot, directrice exécutive du groupe EDF (photo : Pierre Marchal - Anakaopress)

« Nous serons à 500 mètres en retrait de la crête », commente Emmanuelle Verger-Chabot, évoquant la stabilité de l’ouvrage malgré les 800.000 mètres cubes d’eau stockés.

Ce système sera « une première mondiale », selon Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis. « Il participe à la construction de notre souveraineté énergétique. C’est très important dans le contexte mondial actuel, cela nous rassure beaucoup. Ce territoire est capable de développer une force particulière pour accueillir des projets innovants », ajoute-t-elle.

Sur la même période, un nouveau téléphérique urbain devrait voir le jour dans le secteur de La Montagne qui permettra notamment de faciliter l’accès au site de Tanika.

« Nous allons nous organiser pour accueillir les personnes qui viendront travailler sur ce projet », se projette l’édile.

Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis (photo : Pierre Marchal - Anakaopress)

Les études de terrain sont encore en cours. Le financement du projet, estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, sera en partie assuré par la Banque des Territoires. Son coût exact n’a toutefois pas été communiqué mais se situerait autour de 400 à 500 millions d'euros.

« D’autres projets de STEP sont actuellement à l’étude, mais ils ne sont pas marins », indique Jean-Pierre Chabriat, conseiller régional chargé de la transition écologique. « C’est un ensemble global de 98 MW que nous allons inscrire à la PPE dans les années à venir », ajoute l'élu de la Région.

Un autre point a été soulevé lors de la présentation du projet : celui du coût de l’électricité, notamment la question de savoir si l’énergie produite par la STEP sera plus chère. « Ce sera à la Commission de régulation de l’énergie de définir les contrats d’achat et les coûts associés à cet ouvrage », répond Dominique Charzat. Jean-Pierre Chabriat estime quant à lui qu’il ne faut pas « considérer uniquement le tarif de l’électricité ».

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« En matière de stockage de l’énergie, il faut aussi prendre en compte les déchets. Les STEP ont des durées de vie de cinquante à cent ans. Nous sommes en train de construire durablement pour l’avenir, et cela permettra d’éviter le stockage dans des batteries au lithium. », approuve-t-il.

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