Six logements sur dix équipés : le chauffe-eau solaire devenu la norme à La Réunion

À La Réunion, l’eau chaude d’origine solaire est devenue un équipement presque banal. Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, 56 % des résidences principales sont aujourd’hui dotées d’un chauffe-eau solaire, une proportion en forte hausse depuis 2006, portée par les politiques publiques et la réglementation thermique.
À La Réunion, l’accès à l’eau chaude n'est plus aujourd’hui un besoin à combler confirme l'INSEE dans son dernier rapport. En 2022, 93 % des résidences principales, soit près de 328.000 logements, disposent d’eau chaude. Dans ce paysage, le chauffe-eau solaire s’impose comme un équipement central. Près de 197.000 logements en sont désormais équipés, ce qui représente 56 % des résidences principales de l’île.
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Cette proportion est nettement plus élevée que dans les autres territoires ultramarins. Elle s’explique notamment par le fort ensoleillement dont bénéficie l’île et par l’intérêt économique de cette énergie renouvelable, qui permet de limiter la consommation électrique. Au total, plus de 520.000 habitants bénéficient aujourd’hui d’une eau chaude produite grâce à l’énergie solaire, soit six Réunionnais sur dix.
Une progression spectaculaire depuis 2006
L’équipement en chauffe-eau solaire a connu une croissance spectaculaire en l’espace de seize ans. En 2006, seuls 23 % des logements en étaient dotés. En 2022, cette part atteint 56 %, soit plus du double.
La progression a été particulièrement rapide entre 2006 et 2016, avant de ralentir ces dernières années. Cette dynamique s’explique en grande partie par l’évolution de la réglementation et par la mise en place de nombreux dispositifs d’aide financière destinés à encourager l’installation de ces équipements.
Depuis 2010, la réglementation thermique applicable dans les départements d’outre-mer impose, dans la majorité des logements neufs, une production d’eau chaude sanitaire d’origine solaire couvrant au moins la moitié des besoins. À cela s’ajoutent plusieurs aides publiques, nationales et régionales, qui ont facilité l’accès à cet équipement, notamment pour les ménages modestes.
Les logements récents nettement mieux équipés
L’effet de cette réglementation est visible dans les constructions les plus récentes. Parmi les logements bâtis depuis 2010, plus de trois sur quatre disposent d’un chauffe-eau solaire. À l’inverse, seuls un peu plus de la moitié des logements construits avant cette date en sont équipés.
Le chauffe-eau solaire est ainsi devenu un standard dans l’habitat neuf, participant à transformer durablement le parc immobilier réunionnais.
Des écarts selon le profil des ménages et le type de logement
L’équipement reste toutefois inégalement réparti selon les profils sociaux. Les ménages les plus aisés sont davantage équipés que les autres, même si les dispositifs d’aide permettent aussi aux foyers modestes d’accéder à ces installations. Près d’un logement sur deux dont la personne de référence est sans emploi dispose aujourd’hui d’un chauffe-eau solaire.
Les propriétaires sont nettement plus équipés que les locataires. Deux tiers des logements occupés par leurs propriétaires disposent d’un chauffe-eau solaire, contre moins de la moitié chez les locataires. Cette différence s’explique notamment par le fait que les propriétaires résident très majoritairement en maison individuelle.
Le type de logement joue en effet un rôle déterminant. Les maisons sont beaucoup plus souvent équipées que les appartements. Près de deux maisons sur trois disposent d’un chauffe-eau solaire, contre un peu plus d’un tiers des appartements. L’équipement progresse également avec la taille du logement : les grands logements sont bien plus souvent équipés que les petits.
Saint-Denis fait figure d’exception
L’équipement en chauffe-eau solaire est très largement répandu sur l’ensemble de l’île. Dans 23 communes sur 24, plus de la moitié des résidences principales en sont dotées. Certaines communes atteignent même des niveaux très élevés, dépassant les 70 %.
Saint-Denis se distingue toutefois nettement du reste du territoire. Dans le chef-lieu, moins de quatre logements sur dix sont équipés. Cette situation s’explique par la forte proportion d’habitat collectif et par l’ancienneté du parc immobilier. Les appartements y sont non seulement plus nombreux qu’ailleurs, mais aussi moins souvent équipés que dans le reste de l’île, en raison notamment de leur date de construction.
Une transformation durable du modèle énergétique des logements
La généralisation progressive du chauffe-eau solaire illustre une évolution profonde des usages et du modèle énergétique à La Réunion. En combinant contraintes climatiques, volonté de maîtrise des dépenses énergétiques et politiques publiques incitatives, l’île a fait de l’énergie solaire un pilier de l’équipement domestique.
Si la progression se poursuit à un rythme désormais plus modéré, le chauffe-eau solaire est aujourd’hui solidement installé dans le quotidien des Réunionnais et s’impose comme l’un des marqueurs les plus visibles de la transition énergétique du territoire.


