Une compagnie aérienne prête à reprendre les liaisons directes entre l’Inde et La Réunion ?

La compagnie aérienne indienne IndiGo étudierait depuis plusieurs mois une possible extension de ses vols dans l’océan Indien, avec La Réunion dans son viseur, d'après nos informations. À l’approche d’une décision stratégique, l’association Tamij Sangam appelle les autorités françaises et indiennes à lever l’obligation de visa, un frein majeur pour qu'un tel projet se concrétise.
Depuis plusieurs mois, un nom circule avec insistance dans les cercles diplomatiques, touristiques et économiques de l’océan Indien, celui d'IndiGo. Première compagnie aérienne privée d’Inde, un des géants du transport aérien low-cost asiatique, elle opère déjà des liaisons entre le "sous-continent" asiatique et l’île Maurice, notamment au départ de grandes métropoles indiennes. Désormais, La Réunion apparaît comme une extension possible de ce réseau régional.
L’hypothèse est suffisamment crédible pour qu'une source officielle proche du dossier nous confirme l’arrivée très probable d’une compagnie aérienne indienne, tout en restant prudent sur le calendrier et les annonces officielles. En coulisses, les discussions avanceraient dans le bon sens. IndiGo étudierait notamment une extension de ligne existante vers l’île, avec une destination indienne encore confidentielle, très probablement située dans le sud du pays.
Anticiper pour ne pas revivre l’échec d’Air Austral
C’est précisément pour éviter un scénario déjà connu (celui de la ligne Réunion-Chennai, arrêtée par Air Austral il y a deux ans) que Tamij Sangam a décidé d’agir en amont. Son président, le Dr Chanemougame Selvam, connaît bien le dossier. À l’époque, il avait lancé un collectif, mobilisé des milliers de signatures et porté la question jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.
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"Ce n’est pas admissible d’isoler La Réunion de son environnement naturel alors que l’Inde prend une place croissante dans l’océan Indien, rappelle-t-il, tout en confirmant par ailleurs le nom d'IndiGo. Nous avons un lien historique de peuplement, un lien stratégique et géographique. Il faut le traduire concrètement."
Aujourd’hui, avec IndiGo, l’opportunité est réelle. Mais elle reste conditionnée à un facteur décisif, à savoir la rentabilité de la ligne.
Le visa, obstacle central identifié par IndiGo
Au fil des échanges menés par l’intermédiaire de l’ambassade de France en Inde et de contacts indirects avec la compagnie, un même constat revient. En clair, sans volume touristique suffisant, aucune ligne directe ne peut s’inscrire dans la durée. Or, le visa constitue le principal verrou.
"Les compagnies indiennes me font comprendre les difficultés pour un touriste indien de venir à La Réunion", écrit le président de Tamij Sangam aux autorités. Les formalités sont complexes, le coût du séjour est dissuasif, alors que ces mêmes touristes affluent à l’île Maurice, qui les reçoit sans visa."
IndiGo, déjà solidement implantée à Maurice, observe donc la simple réalité des flux touristiques qui suivent la facilité administrative. Aujourd’hui, "le choix est vite fait pour un touriste indien". Demain, sans évolution du régime des visas, "La Réunion risque de rester à l’écart, malgré une liaison aérienne potentielle", nous confie-t-on.

Une demande ciblée, juridiquement possible
Face à ce constat, Tamij Sangam plaide pour une solution pragmatique, à entendre la suppression du visa entre l’Inde et La Réunion ou, à défaut, l’instauration d’un visa à l’arrivée, dans les deux sens. Une demande adressée simultanément à Paris et à New Delhi.
L’argument juridique est central puisque La Réunion n’appartient pas à l’espace Schengen. "La décision peut donc se faire au niveau uniquement national et non européen", souligne l’association. Autrement dit, rien n’empêche l’État français d’adapter le dispositif, en lien avec les autorités indiennes.
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Au-delà d’IndiGo, c’est bien la place de La Réunion dans l’Indo-Pacifique qui se joue. "Notre île est appelée à jouer un rôle de trait d’union entre deux grandes démocraties", insiste le Dr Selvam. Mais sans décision politique sur les visas, prévient-il, aucune compagnie "ne pourra durablement s’implanter".
En clair, la ligne se prépare, mais le visa en est une des clés.


