Un Réunionnais en partance pour Paris interpellé à Gillot avec 32.000 euros dans ses chaussettes

Arrêté à l’aéroport alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Paris, Grégory M. transportait 32 000 euros dissimulés dans ses chaussettes, une somme liée à un trafic de stupéfiants. Revendeur d’ecstasy, de skunk et de cocaïne, l'analyse de son téléphone portable a permis d'autres découvertes.
Arrêté le 6 février 2025, Grégory M, né en 1991 dans le chef-lieu, comparaissait ce mercredi à Champ-Fleuri pour des faits de transport de cocaïne, cannabis et ecstasy. L'affaire a commencé lors d'un contrôle à l'aéroport alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Paris. Les agents ont découvert 32.000 euros dissimulés dans ses chaussettes, une somme qui a réagi positivement au test de cocaïne.
Une activité lucrative et bien ancrée
Grégory M. admet que cette somme était destinée à son fournisseur. D'après l'enquête, il revend principalement de l’ecstasy, complétant avec de la skunk et de la cocaïne sur demande spéciale. Ses revenus oscillent entre 2.500 et 5.000 euros par mois. L'exploitation de ses téléphones a permis aux enquêteurs de remonter son activité à juillet 2023. Les photos retrouvées montrent des liasses de billets et divers produits stupéfiants. Le prévenu a utilisé ses gains pour financer une voiture estimée entre 14.000 et 17.000 euros et une trottinette à 2.500 euros, sans qu'aucun paiement de loyer ne soit relevé sur ses comptes.
Une mission de convoyage douteuse
D'abord réticent à admettre l'origine de l'argent, il déclare avoir été contacté via Snapchat par deux individus inconnus qui lui ont proposé un transport en échange de 1.500 euros et d'un billet d'avion payé en espèces. Il affirme avoir accepté par nécessité, sans en connaître l'origine. Cependant, il finit par reconnaître son implication dans le trafic de drogues lors de ses auditions. Il décrit un circuit d'approvisionnement via Snapchat et Telegram, achetant des cachets à 7 euros pour les revendre à 10 euros.
Déjà condamné en 2019 à 6 mois de prison ferme pour trafic de stupéfiants, le père de famille a été sanctionné en 2022 d'une amende de 400 euros pour usage de stupéfiants. Lors de la perquisition de son véhicule, une cachette suspecte a été repérée par un chien renifleur, confirmant la présence de produits stupéfiants.
Une cachette suspecte
Lors de l'audience de comparution immédiate, le représentant de la société met en avant l'ampleur du réseau auquel appartient l'accusé, évoquant des risques de représailles et un ancrage profond dans le trafic depuis au moins 18 mois. Le parquet requiert une peine de 5 ans de prison ferme, ainsi que la confiscation des scellés, soit les 32.000 euros, le véhicule et la trottinette.
De son côté, la défense plaide pour une peine réduite, arguant que Grégory M. n'est pas à la tête d'un réseau, mais un simple maillon du trafic. L'avocat insiste sur la vulnérabilité de son client, qui aurait replongé après avoir perdu son emploi, acculé par des dettes. Il affirme qu'aucune preuve ne démontre que les 32.000 euros lui appartiennent et que son train de vie n'a rien d'exorbitant.
Après en avoir délibéré, le tribunal condamne le mis en cause à trois ans de prison dont un avec sursis probatoire. Les 32.000 euros, le véhicule et la trottinette sont confisqués. Grégory M. reste en détention pour effectuer la partie ferme de sa peine.


