Un plan pour faciliter la réussite des ultramarins aux concours des grandes écoles

Passer des épreuves à 3h ou 4h du matin afin d’être en accord avec les horaires de la métropole, trouver rapidement un logement, ou encore, payer un billet d’avion souvent onéreux : voilà les principales difficultés auxquelles doivent faire face beaucoup les candidats ultramarins aux concours des grandes écoles. Devant ce constat, Patrick Karam a demandé aux responsables de concours des grandes écoles de trouver des solutions "innovantes et réalistes". Sensibilisées au problème, les 25 écoles de management de la Banque Commune d’Epreuves (BCE) ont décidé de se pencher sur la question.
Des premiers éléments de réponse ont été présentés hier par Thierry Debay, directeur des admissions et concours de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris, et Philippe Regimbart, directeur INSEEC-Paris et président du SIGEM. Les écrits, qui durent 10 jours, pourront se dérouler à des horaires différés. Le candidat sera alors mis en loge, c’est-à-dire confiné dans un lieu secret et surveillé en attente de l’épreuve. S’il est admissible, il pourra décider de ne pas passer ses oraux dans l’Hexagone. Pour ce faire, il est prévu, en plus de la formation d’examinateurs in situ, de mettre en place un système de visioconférence. Cette expérience sera testée cette année par Grenoble Ecole de Management (Grenoble EM) avec le lycée martiniquais de Bellevue.
"Sur 65 candidats antillais, 42 intègrent une grande école"
Par ailleurs, pour mieux cerner les obstacles afin d'intégrer une grande école quand on réside en Outre-mer, Thierry Debay, accompagné de Philippe Regimbart et des représentants de Grenoble EM et d’Audencia Nantes, mènera une mission qui se rendra en Guadeloupe et en Martinique, du 21 au 28 janvier. Là-bas, ils rencontreront les proviseurs, les professeurs, ainsi que les lycéens en classe préparatoire. "Sur 65 candidats antillais, 42 intègrent une grande école. Mais le taux d’intégration peut être influencé par la décision d’aller ou non en Métropole", a expliqué Thierry Debay. "Aussi, on veut rencontrer les professeurs car il y a un déficit de présence et d’échange", poursuit-il.
La mission examinera également la possibilité d’adapter le concept des "Cordées de la réussite" aux territoires d’Outre-mer. Instituées sous la forme de partenariats entre un ou plusieurs établissements d’enseignement, d’une part, et des lycées ou collèges, d’autre part, les "Cordées de la réussite" ont pour objectif de promouvoir l’égalité des chances et la réussite des jeunes face à l’entrée dans l’enseignement supérieur, et notamment dans les filières d’excellence. Par l’organisation de sorties hebdomadaires et de visites de grandes écoles, elles permettent de combattre l’autocensure. "L’idée est de revenir de la mission avec des accords signés", a conclu Philippe Regimbart.


