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Un patron condamné pour harcèlement moral et sexuel sur des employées

Ecrit par Lucas Candessoussens – le mardi 3 mars 2026 à 17H54

En janvier dernier, Jean-François C., patron d'une boîte locale, était jugé pour des faits de harcèlement moral et sexuel sur plusieurs de ses employées. Le tribunal a reconnu les faits pour une partie des victimes.

Pas de simples blagues graveleuses, mais un réel harcèlement sexuel. Quatre femmes ont été reconnues victimes dans ce dossier visant Jean-François C., dirigeant d'une entreprise à La Réunion.

Lire aussi : SMS, humiliations et burn-out : une vaste affaire de harcèlement jugée au tribunal

Les faits remontent à 2018. Plusieurs salariés relatent des agissements à connotation sexuelle répétés : propos inappropriés, avances insistantes, messages ambigus, exposition à un calendrier pornographique, gestes déplacés, invitations réitérées au restaurant, confidences imposées sur la vie intime du dirigeant. Celui-ci aurait même proposé à l’une de ses employées de l’emmener faire un tour en voiture afin de « la faire jouir avec le régime moteur ».

L’une affirme avoir subi deux attouchements aux fesses ainsi qu’une tentative de baiser. Une autre évoque des paroles crues, des caresses sur la main et des remarques à caractère sexuel après avoir décliné une invitation. Une ancienne aide-comptable raconte avoir été saisie par le visage pour être embrassée, puis menacée de « tout perdre » si elle refusait. Une autre décrit un comportement tactile récurrent, incluant des gestes déplacés au niveau de la poitrine.

Toutes décrivent un mode opératoire similaire : une phase d’insistance et de séduction appuyée, suivie d’un brusque changement d’attitude lorsque les avances sont rejetées.

Plusieurs plaignantes ont été placées en arrêt de travail pour burn-out ou malaise, l’une d’elles ayant même obtenu la reconnaissance d’une maladie professionnelle. Certaines n’ont pas souhaité porter plainte, par crainte ou par épuisement.

Relaxe sur une partie des faits

Concernant le volet harcèlement moral, plusieurs victimes s'étaient constituées parties civiles, mais Jean-François C. n'a été reconnu coupable que pour deux d'entre elles. Lors de l'audience de janvier dernier, il avait toujours clamé son innocence des faits qui lui étaient imputés. Il avait évoqué une machination orchestrée par un ancien cadre qu’il présentait comme le « grand marionnettiste » de l’affaire. Il contestait aussi être l’auteur des SMS versés au dossier, disait ne pas reconnaître les messages et parlait d’un complot interne alimenté par des différends professionnels.

S’il admettait avoir un tempérament colérique et une attitude paternaliste, il niait en revanche toute insulte, tout harcèlement sexuel et tout geste déplacé. « Je n’ai jamais traité mon personnel de con ou de conne », assurait-il, reconnaissant toutefois « monter parfois dans les tours ». Pour étayer sa défense, son avocat avait produit des témoignages écrits d’employés encore en poste ou retraités, dénonçant les accusations visant leur dirigeant.

Malgré ces soutiens, Jean-François C. a été condamné ce mardi 3 mars à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis et 5.000 euros d’amende.

Etiquettes : Harcèlement

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