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Un homme violenté puis séquestré dans le coffre de sa voiture

Un homme de 30 ans comparaissait ce lundi dans le cadre de la comparution immédiate pour des faits de séquestration et de violences. La victime a reçu une ITT de 60 jours. Tout est parti du témoignage d'un chauffeur-livreur qui a assisté à la scène d'enlèvement en pleine rue.

Ecrit par Régis Labrousse – le mercredi 10 juillet 2024 à 11H16

Une scène hallucinante s’est déroulée le 23 avril dernier à Plateau Caillou : un chauffeur-livreur est témoin de l’enlèvement d’un homme, vêtu d’un simple caleçon, qu’un homme dissimulé d’un sweat à capuche a forcé à monter dans le coffre d’une voiture. Il donne aussitôt l’alerte aux gendarmes. Il indique que la victime avait le visage tuméfié, mais qu’il n’a pas pu voir l’agresseur. À leur arrivée, les gendarmes ne trouvent rien sur place. Quelques jours plus tard, l’enquête de voisinage finit par trouver écho et permet de remonter, grâce au témoignage d’un riverain, à un jeune du quartier, un certain Rayan. En parallèle, les enquêteurs apprennent l’existence d’une vidéo amateur de l’enlèvement, qu’ils finissent par se procurer. La scène est en tout point identique à ce que le chauffeur a indiqué aux gendarmes.

C’est finalement la vidéo qui permet d’identifier le véhicule qui, au final, appartient à la victime. Pour autant, impossible d’identifier l’agresseur sur le film. L’enquête met en lumière une plainte déposée par cette même victime le 26 avril pour violences. Cette plainte relate une agression par trois jeunes qui l’ont frappé et lui ont volé son téléphone, mais rien en rapport avec un enlèvement et une séquestration. Il est vu par un médecin qui constate plusieurs fractures au niveau du visage, des côtes et de la cheville, et lui accorde une ITT de 60 jours. Loin de se satisfaire de cette explication, les enquêteurs entendent à nouveau la victime qui finit par leur raconter la version de l’histoire en rapport avec la vidéo.

Il explique avoir été agressé par un jeune qu’il ne connaît pas. Il dit l’avoir rencontré chez une amie, mais ne veut pas donner son nom. Cet homme lui aurait demandé de lui rendre une somme d’argent pour une raison qu’il ignore. Il se refuse d’ailleurs à identifier le jeune homme sur la vidéo et parmi les photos qui lui sont présentées. Les gendarmes décident alors d’interpeller le Rayan, 30 ans, décrit par le témoin. Ce dernier est placé en garde à vue, mais refuse de parler. Sur demande des gendarmes, il remet son téléphone portable qui apparait avoir été acheté le matin même. En parallèle, lors de la perquisition à son domicile, son vrai téléphone est trouvé par les enquêteurs, caché dans une marmite. Le trentenaire refuse d’en donner le code. Un jean et une paire de gants sont également trouvés et pourraient correspondre à ceux aperçus sur la vidéo. Autre fait troublant, son beau-père le reconnait sur la vidéo lors de son audition.

 

« Ce n’est pas moi qui ai fait ça. Je ne connais pas la victime »

 

Rayan L. est alors déféré et jugé dans le cadre d’une comparution immédiate. À la barre, il nie les faits et maintient sa version : « Ce n’est pas moi qui ai fait ça. Je ne connais pas la victime, Ce matin-là, j’étais chez ma mère pour prendre le petit déjeuner et ensuite, je suis allé faire mon sport avant d’aller travailler« , indique le prévenu au tribunal. Confronté par la présidente au fait que son beau-père l’ait reconnu, il explique : « C’est parce qu’il est jaloux que ma mère me prépare des bons petits plats. On a des problèmes, mais ce n’est pas moi, je n’ai rien fait, je veux juste rentrer chez moi », insiste le prévenu qui se défend sans jamais donner avec clarté une explication solide sur son emploi du temps. Idem pour le code de son téléphone : « C’est parce qu’il y a des photos intimes de ma copine dedans », lance-t-il au tribunal

Loin d’être satisfait par les explications du prévenu, le procureur insiste sur le côté « inquiétant de ce dossier de règlement de compte ou personne ne dit rien et qui ressemble à ce qui se passe métropole« . Le parquet note que la victime « ne veut pas dire qui est la femme chez qui il était et ne collabore pas« . « Tous les éléments ramènent au prévenu, comme les gants et le jeans retrouvés lors de la perquisition« , insiste le magistrat qui conclut : « Il ne suffit pas de dire ‘ce n’est pas moi’ alors que tout concorde. Il y a un faisceau d’indices solide pour ces faits extrêmement graves« . Le procureur requiert une peine de 3 ans de prison avec maintien en détention.

« Je trouve que le procureur n’est pas bien affirmatif en tentant de démontrer la culpabilité de mon client« , répond vertement la défense. « Cette procédure est absolument honteuse. Ce n’est que du bidouillage lorsque l’on n’a pas assez d’éléments. Il n’y a rien qui tient la route dans ce dossier. Il est impossible d’affirmer que c’est mon client sur les images. De plus, les gants ne sont pas les mêmes et la victime ne le reconnait pas sur les photos. C’est un peu light pour condamner quelqu’un« , poursuit la robe noire qui plaide la relaxe de son client.

Considérant la mise en cause par les témoignages, la vidéo, le témoignage du beau-père et le code du téléphone qui n’a pas été donné, le tribunal reconnait le prévenu coupable et le condamne à 3 ans de prison ferme.

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